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La ballade de l'impossible, Haruki Murakami

Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Ed 10/18, août 2011, 445 pages, 8.4 euros


L'insoutenable pesanteur de l'être

 

Point de fantasmagories, point de métaphores hallucinatoires ou de rencontres fantastiques comme on a l'habitude de lire chez Murakami. 
Ce roman est centré sur trois personnages: Watanabe, le garçon, et Midori et Naoko les jeunes filles. Watanabe est tiraillé entre son "affection tranquille et pure" pour Naoko la compagne de son meilleur ami défunt, et Midori, jeune fille fantasque et un peu rebelle, pour lequel son amour "est en marche, il respire, il bat. Et il (le) remue".
Le jeune homme est une force tranquille qui observe et attend. Il se rend compte que le temps passe et que si on ne fait rien, les choses en commun qui rapprochent deux être s'effacent. C'est ce qui se passe avec Naoko. Terriblement fragile après le suicide de son compagnon, elle vit dans un sanatorium et refuse de revenir à la vie avec Watanabe. Il patiente mais rencontre Midori, l'antithèse de Naoko dans ses comportements, orpheline pourtant. Avec elle il a l'impression de vivre, de comprendre que "la mort n'est pas le bout de la vie, elle en fait partie." 
Or tout n'est pas si simple. Dans ce roman à forte charge émotionnelle et où l'érotisme transpire à chaque page, le lecteur suit le cheminement de Watanabe vers l'âge adulte et la lucidité. L'érotisme est présent pour mieux conjurer la mort et le refus de celle-ci. L'auteur démontre que chacun a une réaction différente lorsqu'il est confronté au malheur. C'est aussi un roman musical où le jazz et la musique classique reviennent sans cesse. Et si la vie n'était qu'"une fugue de Bach"à laquelle il faut s'accrocher coûte que coûte? 
En lisant ce roman, une phrase du dernier roman d'Olivier Adam me revient:"personne n'a envie de mourir. Tout le monde veut vivre, seulement, à certaines périodes de notre vie, ça devient juste impossible." 
 Cette dérive des sentiments devient une ballade de l'impossible: lorsque le fardeau du deuil devient trop lourd, vivre devient juste insoutenable.

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