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NOUVELLE CHRONIQUE

A part ça (27) [KOKORO] Delphine Roux, QU Lan

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La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...
[KOKORO] est sorti à la rentrée littéraire 2015. J'en garde une lecture émouvante, d'autant plus troublante que, écrit pourtant par une écrivain française, le ton et l'esprit sont emprunts de culture asiatique.

Après la mort accidentelle de ses parents, Koichi s'occupe de sa grand-mère et de sa sœur Seki. Mais lui dans tout ça, comment va-t-il ?

https://virginieneufville.blogspot.com/2015/09/kokoro-delphine-roux.html (Lien vers mon article mis en ligne en 2015)
Trois ans se sont passées et le texte de Delphine Roux est mis à l'honneur par les illustrations de  QU Lan illustratrice chinoise qui vit en France. Ce n'est pas la première fois qu'elle travaille avec les Editions Picquier. On lui doit d'ailleurs les illustrations  duChat qui venait du ciel(aussi chroniqué sur ce blog). Son univers coloré et emprunt de poésie est bien mis en valeur sur son site personnel (http://www.qu-lan.co…

La Souplesse des os, D.W Wilson

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A Invermere, bourgade canadienne de Colombie Britannique, les habitants sont à l'image du climat : rudes, froids et parfois dangereux. A travers douze nouvelles où les personnages s'entrecroisent et évoluent, la rudesse des hommes laisse une place rare à l'expression des émotions.
Parfois, quand les vicissitudes de la vie sont trop fortes, on craque. Et c'est cet instant éphémère de basculement que l'auteur a voulu mettre en avant. Chaque nouvelle proposée expose des personnages masculins sur le fil. Attention, les femmes sot aussi présentes, mais soit elles sont les catalyseurs d'une attitude explosive, soient elles sont celles qui portent et supportent ceux qui partagent leur vie.

"Quand on persévère, on vient à bout de toutes les résistances", essaye de se persuader l'ouvrier de la scierie fatigué de faire des heures supplémentaires pour éviter de croiser le regard  chargé de reproches de son épouse à la maison.

Alors, pour mieux se protéger, on…

A son image, Jérôme Ferrari

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Antonia, femme photographe, vient de mourir dans un stupide accident de voiture. Dans une église remplie, lors de la messe de funérailles menée par son oncle prêtre et parrain, beaucoup se souviennent de cette fille qui ne prenait jamais le temps de se poser.
La photographie est un art. Elle capte un instant donné pour l'éternité, figeant des paysages, des hommes et des femmes à jamais. Depuis ses quatorze ans, Antonia fixe le monde qui l'entoure. C'est son parrain, son oncle maternel qui lui a offert son premier appareil photo. Son truc à elle c'est de photographier les gens en général, sa famille en particulier, même si elle s'attire souvent les foudres de ses proches. Prendre une photo est un acte magique et à la fois une annonce de mort. On fixe un instant pour se souvenir et se dire oui j'y étais.
"Peu lui importait d'appartenir ou pas à la famille de ceux qui avaient laissé leur trace sur le papier glacé. L'énigme consistait en l'existence…

REGARDS CROISES (33) C'est le cœur qui lâche en dernier, Margaret Atwood

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Regards croisésUn livre, deux lectures. En collaboration avec Christine Bini Après La Servante Ecarlate, Margaret Atwood présente une nouvelle dystopie dans laquelle  pénitencier et ville modèle s'unissent pour proposer une nouvelle société. Rien ne va plus pour Charmaine et Stan. Les jeunes mariés dorment dans leurs voitures depuis la dernière crise boursière. Chomâge, emprunts toxiques, mauvais choix politiques ont amené une partie de la population américaine au bord du gouffre. Les tourtereaux vivent au jour le jour, protégeant leurs derniers biens des pillards qui écument les rues.  Dans le bar de passes dans lequel elle travaille quelques heures comme serveuse, Charmaine est attirée par une publicité dans laquelle la ville modèle de Consilience recherche de nouveaux habitants. Forcément, tout est beau ; forcément, Charmaine persuade Stan de s'inscrire. Un toit, un travail, des repas équilibrés, c'est inespéré par les temps qui courent... "Les villes jumelles de Co…

Trajectoire, Richard Russo

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Il arrive que la trajectoire de notre vie prend un tour inattendu. Cela est parfois dû à un événement insignifiant au premier abord qui peu à peu prend de l'importance. A travers quatre nouvelles, l'auteur présente des personnages en pleine crise existentielle tentant coûte que coûte à suivre la trajectoire de leurs vies. Une rencontre, un diagnostic médical qui n'augure rien de bon ou un voyage en Europe avec des inconnus sont autant d'événement susceptibles de prendre une tournure inattendue. Janet, Ray, Nate et Ryan ont déjà atteint la quarantaine. Ils ont déjà eu leurs lots de bons moments et de désillusions sans pour autant regretter ce qu'ils sont devenus. N'empêche, chacun a connu un moment suspendu où il leur aurait été possible de changer de trajectoire. Et si leur destin avait été radicalement différent ?
Dans Voix, on sent bien que Nate a toujours subi son frère. Il incarne tout ce qu'il n'est pas : c'est une grande gueule sûre de lui qui…

A part ça (26) Comment dessiner un roman, Martin Solares

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La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...
Coup de projecteur sur ce livre érudit qui, au lieu d'être un énième essai sur l'écriture d'un roman et la réflexion qui en découle au travers de multiples exemples, a la volonté d'associer le travail d'écriture avec le dessin.
Et si la structure narrative pouvait se simplifier au point d'être un dessin à main levée ? Dès lors celui qui dessine sur un coin de feuille n'est-il pas en train de mettre en place sans le savoir la structure d'un roman ? C'est plus compliqué que cela, n'empêche que Martin Solares fait du roman "un objet étrange qui vit parmi nous"
Incipit, dénouement, structure interne, tout peut être dessiné voire schématisé. Les mots prennent forme et animent un dessin en perpétuel construction. De là, figer le roman dans une définition définitive devient impossible. Le roman est vivant, le lecteur le capture pendant un temps donné pour l'observer pu…

Les Jours de silence, Phillip Lewis

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Henry Aster a tiré sa vision du monde de la somme des livres qu'il a lus et conservés. C'est de là sûrement que lui vient son inaptitude à comprendre la société qu'il l'entoure et son angoisse permanente de ne pas être le père qu'il faut. Alors quand il disparaît subitement, c'est Henry Junior qui devient l'homme de la famille. Mais est-il prêt pour cela ?
"Il avait une façon bien particulière de regarder le monde, il voulait pouvoir transmettre à toute personne intéressée ce qu'il observait et savait être vrai, et nourrissait l'espoir de trouver quelque part quelqu'un qui comprendrait qui il était vraiment".

Avocat et intellectuel. C'est ainsi que les habitants du petit village de Old Buckram désigne Henry Aster. Pourtant il ne vient pas d'une famille de lettrés, c'est même le seul qui a fait des études. Pourtant, dès qu'il a pu, il est revenu non loin de ses parents avec femme et enfants.
Henry pense trop, réfléchit tr…