A part ça (22)Le Bonheur est un déchet toxique, Manu Causse

Ed. Thierry Magnier, avril 217, 273 pages, 14.50 euros.

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...


Enfin un roman jeunesse qui parle d'autre chose que de monde post apocalyptique. Manu Causse décrit des personnages engagés avec des convictions, et ça fait du bien !


Nathanaël a seize ans, il vient de perdre son père. Ce dernier, c'était toute sa vie ; la maladie l'a emporté et désormais, Nathan croit que seule sa tante peut l'adopter.

Or la vie est remplie de surprises ! En même temps qu'il apprend que sa mère qu'il croyait morte lorsqu'il était bébé est bien encore vivante, il se voit obligé d'aller vivre à ses côtés. Elle a demandé la garde et l'a obtenue, il n'a pas le choix.

Adieu la ville, vive la campagne avec ses marchés, ce petit monde où tout e monde se connaît et ses étals bio. Pour couronner le tout, sa mère est vegan. Si Nathan n'avait pas décidé d'être muet pendant un temps pour montrer son opposition, il crierait au secours : il adore la viande !
"C'est ton prénom. C'est celui qu'on avait choisi avec ton père. Je suis désolée, je ne sais pas si j'arriverai à t'appeler Nathan.
Et moi je n'arriverai pas à t’appeler maman. Ni à te parler.
J'ai la respiration bloquée. Si j'inspire, j'éclate en sanglots. Si je souffle, je hurle". 
Stiliane, sa mère, est aussi paumée que lui : ce sont deux étrangers qui apprennent tant bien que mal à vivre ensemble. heureusement pour Nathan, la rentrée au lycée lui permet de souffler et de se faire de nouveaux amis dont le groupe de Zoé pour qui il a un faible...

Dans le même temps, les conversations au marché, avec sa mère et sa grand-mère (qu'il découvre aussi), et en cours d'économie, lui font comprendre qu'un projet d'enfouissement de déchets toxiques fait polémique. Avec ses amis, il décide de lutter contre le projet, et à son âge, on est plein de convictions...

Manu Causse décrit un jeune personnage qui a déjà eu deux vies : celle d'un jeune citadin déjà touché par le deuil, et celui d'un jeune campagnard écolo.
Le bonheur est un déchet toxique (titre très joli) , n'est pas un roman à charge, mais il dénonce certaines pratiques qui font passer les intérêts économiques avant le bien être des habitants. De fait, il propose un courant d'air frais dans la littérature jeunesse en s'accrochant à un sujet d'actualité.

C'est aussi une très belle histoire sur la quête du bonheur après le deuil :
"En cet instant, je pense Je suis vivant. C'est un moment suspendu, à la fois léger et douloureusement intense. Un truc qui a le goût du bonheur - un goût que j'ai oublié depuis le jour où papa m'a annoncé son cancer".


L'écologie nous touche toutes et tous, nous avons tendance à l'oublier, ce livre nous le rappelle.