Fin de ronde, Stephen King

Ed. Albin Michel, mars 2017, traduit de l'anglais (USA) par Océane Bies et Nadine Gassie, 423 pages, 22.50 euros.
Titre original : End of watch


Dernier épisode de la trilogie Mr Mercedes, Stephen King nous emmène dans les méandres de la télékinésie sur fond de consoles de jeux portatives.

Pour Bill Hodges, c'est bientôt la Fin de ronde, entendez par là la retraite. Il s'est fait à l'idée, et se sent prêt à confier "sa petite entreprise" à son bras droit Holly qui est bien plus organisée et efficace que lui. De toute façon Hodges a fait son temps, et maintenant que Brady Hartsfield végète à l'hôpital, il est rassuré.
"Hodges a appris qu'écouter Holly  porte ses fruits. Elle pense en dehors des clous, parfois carrément à l'opposé, et elle est dotée d'une intuition troublante".

Au départ, après l'épisode de Carnets Noirs, Hodges allait de temps en temps vérifier lui-même que le tueur fou à la Mercedes était bien dans ce que les médecins appellent un "état végétatif persistant". Ses informateurs, membres du personnel du Kinner Memorial, lui racontaient bien quelques épisodes étranges de stores baissés vivement, de gestes soudains, ou de radio s'allumant subitement dans la chambre 217, mais Hodges mettait cela sur le compte des rumeurs urbaines circulant sur Hartsfield. En le voyant avachi sur son fauteuil rempli d'escarres, la bave aux lèvres, impossible de le croire un tant soi peu encore en connexion avec ce qui l'entoure.

Et pourtant la vérité se trouve dans la chambre 217...


Nous sommes dans un roman de Stephen King et son lecteur sait que l'impossible n'existe pas. Quand une série de suicides a lieu dans l'entourage du criminel, Hodges et son équipe s'interrogent, surtout qu'à chaque fois on retrouve sur les lieux une console de jeux portative, un Zappit, contenant un jeu simple mais à la musique hypnotique, Fishing Hole.
Pour Hodges, cette affaire est du pain béni, car elle lui permet d'oublier (un peu) les douleurs qui l'assaillent depuis quelques temps au niveau de son estomac. Il sent que Hartsfield est au centre de l'énigme, à lui de comprendre et mettre au jour comment.

Fin de ronde se lit comme un bon roman policier. Rien de neuf à l'horizon ; Stephen King fait du Stephen King, mais au moins cela a le mérite d'être efficace et sans fausse note, même si toutefois quelques passages restent poussifs et secondaires. Le duo Hodges-Holly fonctionne à merveille et apporte un caractère humain à l'ensemble.
Bill Hodges est son point d'ancrage, son repère lui permettant de mesurer sa capacité à interagir avec le monde. Une autre manière de dire  qu'il est sa façon de mesurer sa santé mentale. Essayer d'imaginer sa vie sans lui, c'est comme se retrouver en haut d'un gratte-ciel et regarder le trottoir soixante étages plus bas".
Ce dernier tome est plus réussi (à mon avis) que Carnets Noirs et conclut honnêtement la trilogie Mr Mercedes. Une mention spéciale aux traductrices qui nous offrent un texte soigné et fidèle aux habitudes narratives de l'auteur.