La Tour Sombre 2 : Les Trois cartes, Stephen King

Ed. J'ai lu, mars 2006, 396 pages, 8.50 euros.
Nouvelle traduction de l'anglais (USA) par Marie de Prémonville
Illustrations de Phil Hale

"Un homme au bord de n'importe quoi"



C'est un Roland de Gilead affaibli, spectral, qu'on retrouve dans ce tome 2 de La Tour Sombre. Attaqué par des créatures aquatiques étranges dès le début du roman, il ne doit son salut qu'aux trois portes qui se dressent sur son chemin et qui lui permettent de rejoindre "le monde d'avant". Là, il va trouver non seulement de quoi se soigner, mais aussi les compagnons annoncés par les cartes de l'Homme en noir.

Le récit est essentiellement centré sur les rencontres avec Le Prisonnier, La Dame d'Ombres, et Le Pousseur. Tous les trois sont essentiels pour Roland, car sans eux, il ne peut pas poursuivre son chemin vers la Tour. Pourtant, ils sont loin d'incarner des parangons de vertu. Tandis que Le Prisonnier (Eddie) se révèle être un héroïnomane embarqué dans une sale histoire de transit de drogue, La Dame d'Ombres (Susannah) est une jeune femme noire en fauteuil roulant à la double personnalité, pendant féminin du Dr Jekyll et Mr Hyde. Quant au Pousseur, il est la réponse de bien des questions que se posent Roland.

Ce tome 2 se déroule essentiellement dans le monde d'avant. Les brefs retours dans le monde de Roland dévoilent un paysage monotone, quasi désert d'êtres vivants, au bord d'un littoral appelé Mer Occidentale. Même affaibli par ses blessures, Roland ne renonce pas. Il incarne le pilier, le meneur du petit groupe qu'il va former avec ses compagnons d'infortune. La Tour est encore loin, tout juste connaît-on la direction qu'il faut prendre, mais les péripéties sont nombreuses.
" Quelle direction prendre ? Il venait de l'est et ne pouvait poursuivre vers l'ouest sans les pouvoirs d'un saint ou d'un sauveur. Restaient le nord et le sud.
Le nord.
Telle fut la réponse que lui dicta son cœur. Une réponse sans l'ombre d'une interrogation.
Le nord, donc.
Le Pistolero se mit en marche."
Stephen King a privilégié les allers-retours dans l'espace-temps, ce qui rend le monde de Gilead encore plus troublant, encore plus saisissant.
"D'extraordinaires merveilles nous attendent, dit Roland. De grandioses aventures. Et plus encore, c'est une quête à poursuivre, une occasion qui t'est donnée de racheter ton honneur".
De toute façon notre héros ne peut pas renoncer, car sinon il va à l'encontre de son ka, son destin, ou plutôt "l'endroit où il doit se rendre".

Eddie et Susannah ont un rôle à jouer dans la quête de la Tour, mais lequel ? Même Roland reste circonspect tant ils ressemblent davantage à des héros de misère. De fait, il se demande s'il a bien fait de renoncer à l'innocence et la jeunesse de Jake.

A suivre.

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