Flora et les sept garçons, Dominique Dussidour

Ed. La Table Ronde, avril 2016, collection La Petite Vermillon, recueil de nouvelles, 176 pages, 15 euros.

Nouvelles et contes d'aujourd'hui



Mythologie, conte, actualité contemporaine , violence sont autant de sources d'inspiration pour l'auteur dans ce recueil de dix-neuf récits. S'y côtoient, sœurs de misère ou de malchance, une ogresse, une petite fille qui fuit la guerre, une femme battue, une libraire inspirée, une fiancée fugueuse pour ne citer qu'elles de mémoire. Toutes ont un point commun cependant : celui d'être née femme et d'en tirer une force et une rage de vivre naturelles.

Les héroïnes de Dominique Dussidour traversent le temps, si bien que leurs soucis s'inscrivent alors dans l'intemporalité. Dans Léa fille de Rhéa, l'épouse du Dieu Cronos fuit son époux infanticide afin de pouvoir enfin garder son enfant née de leurs amours. Parfois, une histoire d'amour ressemble à s'y méprendre à une fiction lue dans un polar : Suzie & Paulo deviennent alors les protagonistes malgré eux d'une histoire sombre et violente.
Les nouvelles les plus touchantes s'inscrivent dans l'enfance. L'auteur polit la violence de la guerre et le chaos des bombes avec la douceur d'un enfant qui continue d'espérer malgré tout.

Les récits connaissent peu de chutes à qui on leur préfère le point suspendu, comme si c'était au lecteur d'écrire la fin. On laisse alors notre imagination vagabonder, se poser, ou simplement fuir la réalité pesante. Flora et les sept garçons réinvente le monde sous un angle féminin, et pointe du doigt ce qui dérange avec une arme imparable : la fantaisie.

On sirote, on prend son temps, on apprécie chaque récit qui nous transporte aux côtés de Flora, Rhéa, Lucy, Nojoud, Suzie et les autres. Autant de portraits de femmes que de vies possibles, que de déboires à surmonter ou d'instants de bonheur à apprécier.