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Billet d'humeur (18) Lever le pied



Mon appétence pour la littérature en général et la lecture en particulier connaît quelques soucis ces derniers temps.
Je me souviens d'une époque où je remplissais des grilles de mots croisés à défaut de pouvoir lire une seule page, tant j'avais le sentiment d'avoir trop lu.
Là, ce n'est pas tout à fait pareil. Mon rythme s'est considérablement ralenti. Les causes sont floues (quoique), toujours est-il que l'Euro 2016, les inondations, ou autres phénomènes n'ont rien à voir la-dedans.

A force, je crois devenir de plus en plus exigeante. N'y voyez pas une forme d'élitisme, mais j'ai besoin d'un certain seuil de qualité pour me sentir portée. Peut-être est-ce aussi la période. Mai-juin est souvent une traversée du désert éditorial. Les éditeurs ont le regard tourné vers la rentrée littéraire de septembre ; on ne parle que de ça...

De ce fait, la mise en ligne de mes articles va aussi se ralentir pour s'éteindre complètement entre le 14 juillet et le 20 août. Ce n'est ni une retraite anticipée, ni un dégoût, mais un besoin urgent de lever le pied et de me recentrer. Il est temps.


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La nouvelle, parue une première fois en 2008 dans le recueil Saules aveugles, femme endormie (Belfond, traduction Hélène Morita) raconte l'étrange anniversaire de la narratrice, le jour de ses vingt ans.

Vingt ans, c'est un cap, c'est le basculement vers l'âge adulte, la fin de l'adolescence. La narratrice l'a bien compris, et pour éviter de trop penser, elle a décidé de faire de son jour d'anniversaire un jour comme les autres. Au lieu de prendre une journée de congé, elle préfère effectuer son travail de serveuse, comme les autres jours de l'année.
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Même si, comme sa famille, la narratrice est pétrie de religion, elle n'hésite pas à commettre un matricide pour pouvoir sortir la tête hors de l'eau. Mais Dieu lui pardonnera-t-il son geste criminel ?
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Heather, par dessus-tout, Matthew Weiner

Ed. Gallimard, novembre 2017, collection Du Monde Entier,  traduit de l'anglais (USA) par Céline Leroy, 144 pages, 14.50 €
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Le créateur de la série culte Mad Men raconte dans ce premier roman toute la difficulté de la parentalité masculine dans une Amérique où les rapports de classes se creusent inexorablement.

Depuis la naissance de leur fille Heather, la vie de Mark est un long combat silencieux pour préserver sa place au sein de la famille qu'il a fondée avec Karen. Pour cette dernière, Heather est devenue le centre de tout, au point de mettre de côté sa vie d'épouse.
"En fait, à la seconde où sa fille était née, Karen avait su qu'elle lui consacrerait tout son temps et toute son attention, et ce aussi longtemps qu'elle le pourrait". Elle veut être une mère parfaite, et à défaut d'avoir des amies, veut que les autres femmes à la sortie de l'école la ressentent comme telle. Chacun de leur côté, leur existence …