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RUE DES ALBUMS (118) Quand on parle du loup, Véronique Caplain et Grégoire Mabire,

Ed. Mijade, avril 2016, 32 pages, 12 euros.

Gare au loup



Le mercredi, c'est papa bouc qui gère la maison et les enfants. Homme d'intérieur accompli, étendre le linge, faire la vaisselle, et même préparer un gâteau ne lui fait pas peur.
Papa bouc est aussi un papa à l'écoute. Alors quand les petits lui demandent de lire une histoire de loup qu'ils ont choisie dans la bibliothèque familiale, il s'étonne du choix. "N'allez-vous pas avoir peur avec une histoire pareille ? ", s'étonne-t-il. Tant pis, les petits sont si insistants qu'il se met à la lecture :
"C'est l'hiver, il fait très froid, un loup rôde dans les bois"...

L'histoire est prenante, étrange, et distille la peur au fil des pages. La petite Violette prend peur et préfère fermer la porte à double tour car la maison est située à l'orée d'un bois. De plus, d'étranges bruits se font entendre. Papa bouc tente de les rassurer, va même dans chaque pièce de la maison pour désamorcer l'inquiétude grandissante, en vain. Et si l'histoire racontait en fait la réalité ? Et si un loup était vraiment en train de pénétrer dans la maison ?

Les illustrations aux couleurs chaudes sont soignées, et permettent au très jeune lecteur de suivre l'intrigue. Quand on parle du loup joue avec la fiction pour distiller la peur dans un milieu rassurant comme la maison. Choisir une famille de boucs n'est pas fait au hasard : victime toutes trouvée pour un loup qui a faim, elle se méfie de cet ennemi naturel, si bien que seule l'évocation suffit à susciter un sentiment de panique grandissant.
La fin, en forme de chute, couronne un suspens maintenu jusqu'à la fin.
"Tout ça n'est qu'une histoire rien qu'une histoire" assène le patriarche. Vraiment ?

A partir de 4 ans.

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