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A part ça (7) : Et Steven Saylor créa Gordianus le Limier

La littérature inspire. Elle est une passerelle, un fil d'Ariane...

 

 Dernier né de la série Les Mystères de Rome, Le Triomphe de César (10/18, février 2016) n'a rien à envier à ses grands frères, dont le premier tome, Du Sang sur Rome, est sorti en 1991.
Chaque tome raconte une enquête de Gordianus (Gordien) surnommé le Limier, à une époque clé de l'histoire antique : l'ascension et le règne de Jules César. Par son érudition et son impressionnant travail en amont, Steven Saylor fait revivre cette société disparue faite d'intrigues, de codes bien particuliers, et de conflits, dont la stabilité politique risque à tout moment de basculer.

Gordien, par contre, est l'archétype même de la stabilité. Homme fidèle, père de famille dévoué, il doit sa réputation de détective à un flair qui ne l'a jamais démenti, et qui l'a emmené aux quatre coins du monde connu, à la limite des colonnes d'Hercule.

Dans cette dernière aventure, Gordien n'aspire qu'à sa retraite bien méritée, sauf que Calpurnia, l'épouse de César, lui demande d'enquêter sur un éventuel complot à l'encontre de son époux. Elle avait engagé Hiéronymus, un ami de Gordien, mais celui-ci vient d'être assassiné.
Lors de son enquête, Gordien va croiser Vercingétorix, Cicéron, Cléopâtre et sa sœur Arsinoé, Marc-Antoine, et bien sûr Jules César, sur le point de faire profiter aux romain de son quadruple triomphe sur les Gaules.

Même si le lecteur pressent le dénouement au dernier quart du roman, l'intérêt de l'intrigue ne s'émousse pas. Les triomphes sont décrits avec une abondance de détails, les rencontres de Gordien avec des personnages historiques qui auront par la suite un rôle majeur ne manquent pas de piment. Et puis, Le Triomphe de César possède cette magie d'envoyer le lecteur dans la Rome Antique. On a véritablement l'impression d'y être, d'avancer en compagnie de Gordien le long du quartier de Suburre, au Palatin, ou d'arpenter le forum romain. Ainsi, fond et forme de l'ensemble sont soignés.

Steven Saylor a donc réussi le pari d'attirer à la fois les amateurs de policier et les adeptes du roman historique.
 

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