Hollywood Monsters, Fabrice Bourland

Ed. 10/18 (inédit), collection Grands Détectives,  janvier 2015, 336 pages, 7.5 euros.

"La fabrique des monstres"



1938. Alors qu'en Europe, on sent la guerre approcher à grands pas, notre duo Singleton et Trelawney, détectives privés, décident de partir en villégiature aux Etats-Unis, plus précisément à Hollywood où y sont tournés les succès du moment.
Dans le cinéma américain d'avant guerre, on aime beaucoup l'étrange, le fantastique. Ainsi, sont mis à l'honneur, les freaks, les monstres humains dont on parlait déjà dans l'antiquité dans les livres de tératologie de Pline l'Ancien. En plus de pouvoir les observer en chair et en os sous les chapiteaux de cirque, on les retrouve aussi sur la pellicule.

Justement, nos deux héros font une singulière rencontre un soir, en haut de la Mulholland Highway (future Mulholland Drive). Ils croisent à en jurer un loup-garou qui semble fuir un quelconque danger.
 "L'espace de quelques instants, le visage de celui que j'avais pris au premier abord pour un être humain fut à quelques pouces du mien, de l'autre côté du pare-brise. Je constatais avec horreur que cela ne ressemblait à rien de ce qu'il m'avait jamais été donné de voir. C'était une sorte de créature fantastique, mi-homme, mi-bête, échappée tout droit d'un conte populaire, et dont les yeux ténébreux étaient fixés sur moi."
 Cet événement est d'autant plus étrange qu'il intervient près du lieu où on retrouve le corps sans vie d'une jeune femme atteinte de polymastie (trois seins)
"Mais les scénaristes de Hollywood avaient récemment remis au goût du jour une autre vision légendaire du lycanthrope, reprenant à leur compte certains éléments de la mythologie et du folklore les plus séculaires."

Interloqués, les détectives privés décident de mener leur propre enquête, qui va les mener dans le club interlope de l'Angels Club, haut lieu de rencontres de freaks, mais aussi à la poursuite de l'étrange docteur Sandovsky à la tête d'un sanatorium aux portes bizarrement closes...

Dans Hollywood Monsters, on croise des hommes atteints d'hypertrichose, des nains, des femmes avec des pinces, mais aussi un roman de Victor Hugo abandonné par un des personnages, L'homme qui rit, qui raconte l’histoire de Gwynplaine, devenu un monstre par la faute des hommes...
Mais ce roman est surtout une mine d'informations sur le cinéma fantastique d'avant guerre, et elles sont intégrées judicieusement dans l'intrigue.

Ce roman se lit comme si on regardait un film. Parfois, les situations décrites m'ont rappelé un livre de Robert Bogdan, La fabrique des monstres, qui raconte la tradition du freak show aux Etats-Unis.
Même si la fin semble quelque peu forcée, elle s'inscrit dans la continuité de l'intrique menée tambour battant par Singleton et Trelauwney, pleine de rebondissements et de rencontres... inédites!

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