Ciel, 2.0: Le printemps de l'espoir, Johan Heliot

Editions Gulf Stream, mars 2015, 227 pages, 16 euros.

Courber l'échine.


Dans l'hiver des machines, nous avions quitté la famille de Peter Keller dans la tourmente du Big Bug provoquée par la révolte informatique. Désormais, le réseau mondial, le CIEL, est dirigé par une pensée artificielle dont l'objectif est d'asservir la race humaine.

Ce tome 2 utilise le même schéma narratif. Grâce à une structure chorale, nous suivons les aventures de Thomas, Jenny, Sarah, Peter et Tomi, qui n'ont pas encore réussis à se retrouver et tentent, en attendant, de s'opposer au nouvel ordre mondial.
Désormais, les être humains ont bien compris que la société telle qu'il la connaissait l'hiver dernier est révolue. Ils ne sont plus désormais que de la main d’œuvre identifiée par un triste code barre au dos de leur chemise grise, qui n'est pas sans rappeler un certain tatouage à l'avant bras. Justement, l'auteur multiplie les parallèles avec les sombres heures de la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, les nouveaux dirigeants mettent en place des "zones de recyclage" gérées par des milices:
"Les machines lui confient la gestion des improductifs. Ainsi, elles ne désobéissent pas à leur programmation, car elles ne procèdent pas directement à l'élimination des sujets."
Et comme toujours, force est de constater qu'on accepte l'inacceptable, car c'est "toujours la même triste et banale histoire depuis que le monde était monde."

Néanmoins, au milieu de ce danger programmé pour des décennies afin d'adoucir les consciences, et surtout ne pas faire comprendre trop rapidement que l'objectif visé est l'extinction de la race humaine, la résistance s'organise. Qu'elle soit individuelle ou collective, les actes de bravoure ne manquent pas. Les amitiés se scellent au milieu des trahisons multiples. Jenny, enceinte, décide de mener sa grossesse à terme, malgré l'interdiction, considérant que son état est "une lueur d'espoir dans les ténèbres de la Nouvelle Ere." Son frère Thomas, accepte des responsabilités auprès de l'odieuse Camille, dans son ancien lycée transformé en centre de triage, afin de pouvoir sauver un maximum de malheureux. Sarah, porte-parole de l' I.A (Intelligence Artificielle) se soumet en apparence afin d'obtenir plus de champ libre. Peter Keller est devenu LE chef de la résistance, et à la tête des maquisards, il n'a de cesse d'organiser des opérations commandos pour déstabiliser le nouvel ordre. Tomi, quant à lui, fait prisonnier lors d'une tentative de ravitaillement, saisit toute l'horreur de la situation et des desseins de l 'I.A, et se promet d'utiliser les jours qui lui restent à saper leur fonctionnement...

Le printemps de l'espoir confirme les soupçons que le lecteur  avait à la fin du tome 1. La Nouvelle Ere mise en place est une véritable machine de guerre d'usure dans laquelle l'Humanité doit s'éteindre. Afin d'éviter un mouvement de révolte généralisé, l'I.A autorise la réouverture partielle du CIEL: téléphoner, échanger via les ordinateurs deviennent possible en échange d'informations, de services ou encore de délations. Ainsi, les soumis y voient une nouvelle forme d'espoir alors que cette dernière se niche plutôt dans le cœur des résistants qui, jour après jour, se dressent contre les drones, les centres de tri, les convois.

Le tome 3 permet d'être riche en émotions.

A partir de 12 ans.