L'hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie

Ed. Le livre de poche, octobre 2006, 352 pages, 6.6 euros

Grandir et espérer.

Symbole du désir sexuel , l'hibiscus est aussi une fleur symbole de changement. 
Ce roman est la rencontre de deux mondes que tout sépare: d'un côté, une famille fondamentaliste dont le père sous des dehors affables n'hésite pas à battre femme et enfants au nom de Dieu, de l'autre une tante et ses trois enfants qui, malgré les galères quotidiennes, croquent la vie à pleine dents et remplissent la maisonnée de leurs rires.

 La narratrice et son frère Jaja vont découvrir ce nouveau monde à l'occasion d'une visite familiale et vont enfin comprendre que ce qu'ils vivent chez eux n'est pas une généralité. C'est un sujet dramatique, mais qui est traité avec tact, dans un Nigéria en pleine révolte, et qui sombre peu à peu dans le chaos et la corruption. 

Les phrases sont du velours; le lecteur entend les chuchotements de Kambili et Jaja, les rires des cousins... Les scènes difficiles sont surtout là pour dénoncer les travers de la religion portés à son paroxysme: intolérance, cruauté, soumission. 
En plantant un hibiscus pourpre dans son jardin, Jaja montre son désir de changement, quitter un père qui le tyrannise, et protéger sa famille pour enfin vivre comme sa tante et ses enfants. 
Encore une fois la littérature africaine a accueilli en son sein un auteur de talent capable de raconter les misères de son pays et de ses habitants en narrant une histoire difficile, remplie d'humanité, avec une fin remplie d'espoir.

A découvrir.