Billet d'humeur (8) Au secours!

Agecanonix par Uderzo


AU SECOURS! est la première réflexion qui m'est venue à l'esprit lorsque j'ai lu le top 50 2014 des ventes de livres en France, mis en ligne par Livres Hebdo (le lien ici)
Sur les 50 ouvrages proposés, je n'en ai lu que trois dont un il y a bien longtemps dans le cadre des mes années universitaires (devinez lequel?) Non, non je ne vous parle pas de 50 nuances de Grey, dont même mon époux, qui avait commencé à le lire pour dire de changer de son perpétuel Auto Plus, a abandonné au bout de 90 pages en concluant laconiquement: "c'est vraiment nul!"
Tous les goûts sont dans la nature dit-on, et après une étude super poussée (hum hum) de ce palmarès, trois réflexions émergent:
  1. Les français lisent et c'est une bonne nouvelle!
  2. J'aimerai connaître la formule magique du trio infernal Musso-Lévy-Pancol pour attirer autant de lecteurs.
  3. Ouf, le Bescherelle redevient un livre de chevet!
Si on suit à la lettre les 10 commandements du lecteur de Daniel Pennac, le support de lecture n'est pas le plus important. Oui, mais que dire quand je me rends compte que le roman d'Emanuel Carrère, Le Royaume, n'atteint que la 19ème place? Que penser aussi qu'un titre aussi moche que La femme parfaite est une conasse caracole en 4ème place? Excusez ma familiarité, mais est-ce moi la conasse de penser que la littérature mériterait un autre classement? Ou alors, je suis une infâme élitiste...
Plus inquiétant, les rangs de Zemmour et Trierweiler dont les ouvrages me laissent vraiment sceptiques. En fait, plus vous faites dans le polémique et le déballage, plus vous avez de chances de vendre. Le truc serait d'écrire un roman qui serait un porno chic polémique inspiré d'une pseudo histoire vraie. Là, maintenant, je n'ai pas de référence en tête, même Régis Jauffret avec Sévère qui racontait les penchants sexuels d'un banquier suisse, retrouvé mort dans sa combinaison en latex, ne l'a pas encore imaginé (enfin je crois). Alors que fait-on de la qualité de l'écriture? Hélas, le style n'est pas un critère de classement.

On a beau critiqué Lévy, Musso et Pancol, n'empêche qu'ils ont trouvé le truc pour vendre, mais surtout, la formule magique de l'été vous obligeant à cuire sur la plage trop accroc à l'intrigue, plutôt qu'aller vous baigner et vous tartiner de crème solaire. Les grands méchants et bien pensants diront "Ah bon, c'est de la littérature?" ou "bof c'est de la littérature de gare, rien à voir avec de la grande littérature", et on en revient toujours au même sujet, dans le genre le chien qui se mord la queue. Bref, passons, mais avant, allez zieuter les articles succulents de Christine Bini consacré à La fille de papier de Musso et Inferno de Dan Brown sur son blog La lectrice à l'oeuvre, cela vaut le détour.

Même si je constate que Rufin, Carrère, Anouilh font partie du top 50 (Ouf!) c'est la place 45 qui me met en joie avec le Bescherelle, la conjugaison pour tous. C'est sûrement l'instit qui sommeille en moi qui s'est réveillée. A force de lire des fautes à longueurs de journées, je tente de me persuader que cette 45ème ligne est un sursaut, une prise en charge du malaise que constitue la langue française (écrite et orale) chez nombreux de nos concitoyens. Mais, mon côté pragmatique que certains jugeront dépressif, me pousse à croire qu'il s'agit d'une commande massive faite par les écoles de France et de Navarre, et non un achat spontané pour le seul et unique amour de la difficulté de notre langue natale. Bon allez, j'y crois encore...






Bon, si vous êtes un lecteur assidu de tous les auteurs du palmarès, si vous retrouvez vos penchants littéraires en parcourant la liste, pas la peine de m'insulter, de me faire la morale, ou pire encore, de justifier vos goûts. Dans ma grande magnanimité, soyez sans crainte, car je vous le dis: vous lisez, et c'est le principal.

Non??


(Pour trouver ce fameux top 50, suivez le lien vers Livres Hebdo)


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