La drôle d'évasion, Séverine Vidal et Marion Puech

Ed. Sarbacane, collection Pépix, août 2014, 153 pages, 9.9 euros.

Alcatraz me voilà!


La collection Pépix est toute jeune, et avec cet opus, elle ajoute un quatrième titre au "grand cocktail d'humour, d'aventure et d'irrévérence" recherchés dans chaque roman.

 

La drôle d'évasion emmène son jeune lecteur aux Etats-Unis, plus particulièrement dans la baie de San Francisco, à Alcatraz, où jadis se tenait la prison dont la réputation disait qu'on ne pouvait s'y évader. Drôle d'endroit pour des vacances, mais c'est Zach, le narrateur et passionné par l'aventure des trois évadés d'Alcatraz, qui a choisi le lieu.
L'objectif de Zach est simple: se débarrasser de son lunaire de père à la  fin de la visite, et rester sur l'île pour revivre l'aventure de l'évasion. Pour cela, il a tout prévu:  il s'est documenté, si bien qu'il connaît tous les détails du plan de Frank Lee Morris, Clarence Anglin et John W Anglin. Et même si on n'a jamais retrouvé les corps des prisonniers, le jeune garçon croit dur comme fer que le trio a réussi son coup, et a disparu de la circulation pour échapper à la police.
Tout se déroule comme sur des roulettes, sauf qu'à la nuit tombée, Zach, qui s'est réfugié dans une cellule, entend des bruits étranges. En tendant l'oreille, il comprend que ce sont des chuchotements entre plusieurs personnes, et au milieu des mots des noms reviennent, Frank, Clarence, John... Mais que se passe-t-il? A-t-il fait un bond en arrière dans le temps? En tout cas, une chose est sûre, il va revivre en direct l'évasion des trois évadés d'Alcatraz, et découvert par les prisonniers, il va devoir les suivre!

Dans ce roman, tout est fait pour ne pas décrocher le lecteur. D'abord la mise en page est dynamique avec des changement de police, de typographie, des renvois à des astérisques souvent drôles et instructifs. Ensuite, lorsque le suspens monte, le récit fait une pause en incluant les illustrations de Marion Puech, qui viennent éclairer certains points de l'intrigue. Ainsi, on lit, non seulement en s'amusant, mais aussi en s'instruisant!
Le ton narratif est volontairement irrévérencieux. Zach est le narrateur de l'histoire et Séverine Vidal s'est mise dans la peau d'un gamin de neuf ans pour écrire. Dès lors, le jeune lecteur s'y retrouvera facilement, notamment dans la relation parents-enfant, dans le regard et la conception du monde, ainsi que dans les peurs enfantines. On prend plaisir à suivre le jeune aventurier, et les invraissemblances du récit passent facilement au second plan.
 « Et voilà, mon vieux Zach. Tu as compris, ou pas ? Tu avais tout prévu. À la minute près, ou presque. Un plan, une évasion parfaite. Jusqu’ici, tout allait très bien. Seulement, tu n’avais pas imaginé une seule seconde qu’au moment de gonfler ton canot et de prendre la mer, tu te retrouverais avec les trois évadés les plus recherchés de l’histoire des États-Unis.
Et que ton sort serait… entre leurs mains ».
Passée la surprise de se retrouver en 1962, Zach garde son sang froid et décide de vivre pleinement le rêve éveillé qu'il a toujours secrètement désiré.

La drôle d'évasion porte bien son nom. Bien mené de bout en bout, intelligemment illustré, ce roman jeunesse remplit son contrat et attirera facilement de nouveaux lecteurs dans ses filets.

A partir de 8 ans.