La voix de la meute (tome 2) les prédateurs, Gaïa Guasti

Ed. Thierry Magnier, octobre 2014, 247 pages, 14.5 euros

Ma chronique du tome 1 les remplaçants 

Qui sera le dominant?


Maintenant qu'ils ont apprivoisé leur dualité, Ludo, Tristan et Mila décident de passer du temps avec leurs familles respectives en mettant de côté leur nature sauvage. Pour Ludo, c'est plus compliqué. Depuis son accident dans la grotte (voir le tome 1), son père boit beaucoup et bat de plus en plus son fils, si bien que ce dernier  se laisse envahir par son animalité.
La maman de Mila, Angèle, a accueilli un nouveau patient, Koré, qui semble lui aussi atteint de lycanthropie. Mais alors qu'elle prône une méthode douce pour le soigner, le nouveau directeur de la clinique psychiatrique, le docteur Louis Chastel, pense qu'il convient "d'éradiquer" proprement, fermement et de manière expéditive ce genre de pathologie. Heureusement, Koré, aidé par Mila, fuit à temps et se réfugie dans les bois où il se transforme en hyène.

Une hyène dans les bois? Comment cela est-il possible se demandent Ludo et Tristan, puisque la jeune fille garde le secret. S'amorce alors une lutte de territoire entre les protagonistes, mais pas facile de combattre contre un animal dont on ne connait rien:
"La voix de la bête montait et descendait, cri déchirant qui semblait par moments un appel au secours, pour se colorer ensuite d'une nuance menaçante. Puis elle se tut, en s'éteignant doucement avec un bref ricanement, et un silence de tombe se posa sur les abords de la résurgence."
Pour Ludo, ce combat est aussi celui de la dominance. Convaincu que Mila préfère Koré, il s'abandonne à ses instincts primitifs...
Or,  un plus grand danger va mettre entre parenthèses leurs différends. Le Dr Chaster a enlevé Mila pour la faire interner d'office...

Avec ce tome 2, Gaïa Guasti a trouvé son rythme et donne un souffle endurant à l'intrigue générale. Les personnages centraux s'étoffent: ils sont plus durs, moins dans l'attente, et luttent constamment contre la voix qui les taraude et les invite à se transformer complètement.
Le personnage de Koré est très intéressant car sa dualité est antithétique. Il est un adolescent doux, et une hyène redoutable.
En filigrane, tel un fil d'Ariane, la chienne rousse réapparaît, en second plan, amorce peut être d'une intervention plus grande dans le tome 3.
Les prédateurs est un roman qui se lit sans peine et garde le lecteur en haleine jusqu'à l'épilogue. On prend plaisir à retrouver les personnages du tome 1 et à les suivre dans leur quête de vérité et de prise de conscience de leur véritable nature.

A suivre...

A partir de 12 ans.