Je m'appelle Mina, David Almond

Ed. Folio junior, traduit de l'anglais par Diane Ménard, 320 pages, 7 euros

Les mots comme thérapie.


Ce roman est une exploration de la richesse et de la virtuosité des mots. L'intrigue est secondaire: Mina, perturbée par la mort de son père, quitte l'école et reste chez elle où sa mère lui fera l'enseignement...
Citer des phrases de ce roman serait superflu, tant l'auteur joue avec celles-ci et les mots qui les composent. Le sens propre et le sens figuré s'en donnent à cœur joie. Mina se sert d'eux comme des balises de sauvetage. Ils l'empêchent de ne pas sombrer et de considérer la vie autrement, de façon plus poétique, et plus mystique aussi.

Mina envisage l'écriture comme une forme d'Arthérapie, et tant pis si, aux yeux des autres, elle paraît vraiment étrange. Ses semblables ne l'intéressent pas; elles se les représentent souvent comme des ennemis potentiels... Dès lors, les mots ne sont-ils pas porteurs de solitude?
L'école est une prison qui empêche Mina d'utiliser l'écriture comme un réel moment de liberté. Elle n'entre pas dans le moule, et alors?

Ce roman fait la part belle à l'écriture et aux mots dans ce qu'ils ont de plus intrinsèques. Or, avec une intrigue minimaliste qui n'avance pas beaucoup, pas sûr que ce roman exalte un jeune lecteur. Dès lors, il faut davantage considérer ce livre comme une expérience de thérapie possible pour "lisser le chagrin" de la perte d'un être cher.

Assez déroutant.

A partir de 13 ans.