Pas Sidney Poitier, Percival Everett

Ed. Actes Sud, février 2011, traduit de l'anglais (USA) par Anne-laure Tissut, 298 pages,22.9 euros.

Délit de sale gueule


Quand on s'appelle Pas Sidney Poitier cela nous vaut parfois quelques dialogues ubuesques avec celui qui se soucie de votre identité et veut faire un lien avec un célèbre acteur connu.
Outre cet aspect, le héros de ce livre était prédestiné à vivre des aventures hors du commun. Déjà sa mère le garda en gestation vingt quatre mois (comme un éléphant!) et mourut trop vite en lui laissant un capital énorme. Son tuteur devient le non moins célèbre Ted Turner, le patron de CNN, et son prof de fac de philo, le roi du "non-sens", un certain Percival Everett....
A cela vous ajoutez un sex appeal hors du commun et un pouvoir de "fesmérisation" c'est à dire d'hypnose, et vous obtenez un Pas Sidney franchement exceptionnel.
Or celui-ci traverse les épreuves en gardant "une zen attitude". Il subit le racisme policier, le délit de "sale gueule", la bonne conscience blanche, l'hypocrisie religieuse avec le recul nécessaire pour ne pas se sentir entièrement concerné.
En ce sens, ce roman peut être qualifié de roman initiatique car Sidney quitte la bulle du ranch de Ted pour découvrir une société américaine pas franchement cordiale avec les noirs. Et heureusement que l'argent le sauve de tout, d'où l'hypocrisie de la situation...Les cent premières pages sont lentes si bien que je me suis demandée où l'auteur voulait en venir, puis peu à peu, le rythme et le contenu s'épaississent et on se prend au jeu. Pas Sidney est un personnage attachant et ses aventures sont racontées avec beaucoup d'humour et de cynisme. Certes quelques scènes se répètent,ou s'avèrent longues et ennuyeuses, mais l'ensemble reste agréable et la fin vaut son pesant d'or.
A lire sans se prendre la tête.

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