Jayne Mansfield 1967

Ed. J'ai lu, septembre 2012, 157 pages, 6.9 euros

 "The one et only"...

 

 Prix Femina 2011


...aimait à Réponde Jayne Mansfield lorsqu'on lui demandait dans la rue si c'était vraiment elle. Mère de famille paumée mais aimante, droguée au LSD au point de pouvoir se balader nue dans l'hôpital où son garçon est hospitalisé, nymphomane mais surtout amoureuse de Sam Brody, avocat en perdition dont "la rage intime le poussait en avant comme un animal", Jayne Mansfield était néanmoins la femme la plus photographiée au monde même si elle était réputée "has been" depuis 1960.
Simon Liberati offre un récit froid et dépouillé des derniers mois de ce "monstre" en tout point créé par le star system et qui a su en tirer le maximum d'argent au point d'y perdre son âme. Intelligente, parlant couramment cinq langues, Jayne, "sauvage, texane, virevoltante, ultra violente", devait gérer ses montées maniaques, ses "scoosa hours", essentiellement provoquées par l'abus d'alcool et de coupes faim.
 Les anecdotes cliniques se succèdent, dont celle, grotesque de la visite de la "black house" d'un leader sataniste (car elle avait aussi ce penchant), si bien qu'on regrette parfois l'autre aspect de la star: la mère, qui, bon gré mal gré, ne quittait jamais ses gosses et les emmenait partout.
En effet, l'auteur s'attarde peu sur les sentiments. La surenchère de rose,les bolides à la mode, les têtes de chihuahuas qui dépassaient de son col de chemise nous font vite penser aux photos récurrentes de Paris Hilton...
Ce fut son amant du moment qui permit de combler "son obsession du vide". Avec lui, "tout était à la fois plus intense et plus crépusculaire". De ce fait, le tragique accident de voiture qui tua le couple (dans le quel les trois enfants furent miraculeusement sauvés) ne fut que le point d'orgue d'une fuite en avant dont les limites "floutées" ne se profilaient qu'au firmament...

Un roman curieux et addictif à découvrir.

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