Fahrenheit 451, Ray Bradbury

Ed. Gallimard, collection Folio Science-fiction, octobre 2000, traduit de l'anglais (USA) par Jacques Chambon, 224 pages, 5.6 euros

Récit d'une apocalypse annoncée


Nous qui vivons à l'ère de la télé réalité, de la publicité à outrance, des jeux vidéos de plus en plus réalistes, et du livre que l'on veut faire devenir numérique, ce roman peint ce que notre société pourrait devenir à force de faire de l'image un culte et du savoir une priorité secondaire.
Montag incarne l'anti héros par excellence, le pompier qui embrase pour le bien de la société. Mais un jour, à force d'écouter sa jeune voisine, il se met à réfléchir. Il revient à l'essentiel et s'aperçoit qu'il n'est pas heureux, que sa vie n'est faite que de futilités.
La célèbre expression "on vous ment!" apparaît en filigrane. La cacophonie des publicités, des émissions continuelles dont sa femme raffole, le rendent fou. Il a besoin de silence, mais surtout, il ressent le besoin de comprendre comment les êtres humains en sont arrivés là.
Alors, il brave le grand interdit: au lieu de brûler les livres, il les ouvre et les lit...

Ce roman raconte le télescopage de deux mondes: celui du paraître et du virtuel, générant des populations "lobotomisées", et celui, bien réel, reléguant dans des camps de réfugiés les véritables penseurs, les universitaires, bref ceux qui veulent encore croire que s'instruire et lire ne sont pas dangereux.
Bradbury explique que cette société ne peut pas durer. Elle est vouée à disparaître car elle génère violence et destruction. Les guerres éclairs d'une heure se retourneront un jour contre elle. Et quand ce jour viendra, la nouvelle armée, formée de gens cultivés et qui se souviennent,auront une chance de créer une nouvelle forme de société. En refermant ce livre, on retient deux idées: revenir à l'essentiel et préserver les livres papiers, véritable mémoire culturelle collective.
Finalement, une société où les hommes ne réfléchissent plus, est une société moribonde vouée à disparaître.

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