TREVE ESTIVALE du 14 juillet au 24 août inclus


photo personnelle

 

VACANCES!!!

Les piles de livres sont prêtes, les romans de la rentrée attendent, les enfants sont en pleine forme et les bagages se remplissent...

Histoire de recharger mes batteries livresques et profiter aussi des miens, Fragments de lecture ne proposera pas de nouveaux articles avant le 25 août prochain.

Par contre, durant cette trêve, sur les réseaux sociaux, je vous proposerai de découvrir quelques lectures marquantes . Sinon, vous pouvez aussi consulter la liste des coups de coeur, il y aura sûrement parmi les romans proposés celui qui n'attend que vous!



photo personnelle

Ce blog littéraire est une belle aventure que je partage avec vous depuis 10 mois maintenant. Pour la rentrée, j'essaierai de garder le cap!

photo personnelle


 

 

Merci à vous et bonnes vacances!

NEWSLETTER (37)

 

 

 

Rendez-vous hebdomadaire du samedi, la Newsletter vous propose des liens vers des articles littéraires (ou non) de la semaine, et un récapitulatif de mes lectures en cours,  de mes coups de cœur,  et pourquoi pas, parce qu'il y en a aussi,  de mes coups de gueule!

 

Dernière Newsletter avant la rentrée littéraire de septembre!!


Dans la continuité d'une info contenue dans la Newsletter de la semaine dernière, Télérama a eu l'immense privilège d'obtenir un entretien avec le crétauer de Game Of Thrones, George R.R.Martin. Ce dernier y explique ses choix littéraires et répond aux critiques:
http://www.telerama.fr/series-tv/l-auteur-du-trone-de-fer-on-ne-peut-pas-rendre-la-guerre-propre-et-jolie,114592.php



Forcément la nouvelle a fait le tour des médias car J.K Rowling a rompu le pacte selon lequel elle n'écrirait plus sur Harry Potter. Perdu! En effet, dans une nouvelle, on y retrouve le sorcier et sa bande, sur fond de coupe du monde de quidditch. Les Inrocks donnent des détails:
http://www.lesinrocks.com/2014/07/08/livres/jk-rowling-publie-nouvelle-harry-potter-fond-coupe-du-monde-quidditch-11514258/


Pour celles et ceux qui, comme moi, ont lu American Gods de Neil Gaiman,  sachez que le roman va bientôt être adapté en série. Au départ, c'était HBO qui s'y intéressait, d'après Actualitté
http://www.actualitte.com/international/american-gods-de-neil-gaiman-sera-adapte-en-serie-pour-le-cable-51260.htm









Dans la série "je préfère regarder pour me faire ma propre opinion mais ça a l'air pas mal du tout ", Télérama nous parle de la série Extant (CBS), avec en guest star Halle Berry, dont le sujet fait un peu penser à Alien. A suivre, apparemment sur M6 bientôt!
http://television.telerama.fr/television/la-serie-extant-place-un-mysterieux-alien-dans-le-ventre-de-halle-berry,114794.php




L'info inutile (8)
Laurent Baffie fait aussi sa rentrée littéraire, et il a même le droit à de la pub! Normal, il paraît que les ventes de ses anciens ouvrages ont très bien marché, alors...
http://www.myboox.fr/actualite/laurent-baffie-revient-le-29-septembre-en-librairie-ac-30068.html 


Cette semaine, les articles les plus lus sur Fragments de lecture sont:
- Galveston, Nic Pizzolatto
- Le Petit Principe, Eva Almassy et Thanh Portal (Jeunesse)
- Wisconsin, Mary Ellendes Ellis

Bon week end livresques ou si vous êtes en vacances, rendez-leur visite!

Affichage de 3.jpg en cours...

RUE DES ALBUMS (55) Boucle d'Ours, Stéphane Servant et Laëtitia Le Saux

Ed. Didier Jeunesse, avril 2013, 32 pages, 12.5 euros

"Ze veux me déguiser en Boucle d'Ours!"




C'est jour de carnaval dans la forêt. Tous les animaux se déguisent y compris la famille Ours. Pour l'occasion, papa Ours ressemble au Grand Méchant Loup , maman Ours recoud son déguisement de Belle au Bois Dormant, et Petit Ours, oups, se déguise en.... Boucle d'Ours !
Petit Ours est très fier de son déguisement : les couettes blondes en laine et la jupe rose rappellent l'héroïne du conte. Mais Papa Ours est en colère ; pas question que son fiston se déguise en fille, car :
« Un vrai ours ne porte pas de jupe rose ! Ni de couettes blondes ! Ça c'est pour les filles, les oursonnes, les femmelettes, les cacahouètes, les hommelettes ! »
Mieux vaut pour lui de ressembler à un chevalier, à un ogre féroce ou encore à un petit cochon dégourdi. Peine perdue, Petit Ours ne cède pas et répond à chaque proposition par un « Non, ze veux me déguiser en Boucle d'Ours ! »

Alors rien ne va plus dans la famille Ours ; même Maman Ours soutient son rejeton et son étrange envie de se déguiser en fille. Heureusement, le loup frappe à la porte et à la vue de son déguisement Papa Ours devient plus conciliant !

Halte à la théorie des genres ! On peut être un garçon et aimer se déguiser en fille ou jouer avec des jeux de fille sans pour autant être catalogué. Le prétexte du carnaval et la mise en scène d'animaux permettent d'attirer l'attention du jeune lecteur, et posent les jalons du récit.
Les illustrations sous la forme de dessins superposés donnent une impression générale de mouvement aux personnages. La famille Ours, par un habile jeu d'anthropomorphisme, est humaine sur bien des points.
En arrière plan, les inversions de rôles, facilitées par les déguisements, et la rude tâche de Papa Ours à se faire obéir, bousculent les idées reçues sur l'autorité et les héros de nos contes.

Boucle d'Ours est un album intelligent, bien construit, drôle, au message percutant contre le sexisme, et un appel à la tolérance.

A partir de 5 ans

Galveston, Nic Pizzolatto

Ed. Belfond, même traducteur, septembre 2011, 336 pages, 19 euros
Ed. 10/18, traduit de l'anglais (USA) par Pierre Furlan, septembre 2013, 306 pages, 8.1 euros

"On se souvient de ce qu'on veut."



Parce qu'il vient d'apprendre par le médecin qu'il a un cancer des poumons, Roy Caddy dit Big Country dans le milieu, se demande comment il a pu en arriver là. Devenir quoi en fait? A quarante ans, il est "un encaisseur" redouté, mais il sait très bien que le vent tourne et qu'un jour, ce sera son tour.  Ainsi, Roy se demande s'il n'y a pas eu un jour où lui a été offerte la possibilité d'être un autre:
"Tu nais, et quarante ans plus tard tu sors d'un bar en boitillant, étonné par toutes tes douleurs. Personne ne te connaît. Tu roules sur des routes sans lumières et tu t’inventes une destination par ce que ce qui compte, c'est le mouvement.  Et tu te diriges ainsi vers la dernière chose qu'il te reste à perdre, sans aucune idée de ce que tu vas en faire."
Ultime survivant d'un guet apens, Roy se retrouve en route pour Galveston, ville côtière du Texas, lieu dans lequel sont rassemblés ses souvenirs les plus doux. Avec lui, Rocky, prostituée meurtrie et paumée, là au mauvais endroit au mauvais moment, et sa petite soeur de trois ans, Tiffany.
Ces deux présences féminines vont fondamentalement troubler Big Country. Désormais, au delà de sa propre survie, il désire donner un avenir à Rocky et protéger la gamine. Cependant, il n'oublie pas qu'ils sont en fuite, sans cesse sur le qui-vive:
"La folie des uns est pire que celle des autres. C'est pourquoi on se fixe des règles; c'est pourquoi on reste mobile, prêt à lever le camp."

De Galveston, il avait le souvenir de ses étreintes avec Loraine, de ses beuveries aussi; maintenant s'y ajoutent des moments suspendus:Tiffany  jouant avec les vagues, Rocky luttant pour s'en sortir ou dansant avec lui.... Sauf que "le passé n'est pas réel":
"Ce qui se produit, c'est que le passé se coagule comme une cataracte ou une croûte - une croûte de souvenirs sur vos yeux. Et un jour, la lumière la perce."

Par un jeu subtil d'allers-retours, Nic Pizzolatto décrit aussi un Big Country blessé physiquement, amoindri, toujours en vie malgré sa maladie et treize ans d'emprisonnement à Angola. Dès lors, le lecteur devine qu'il s'est passé quelque chose de grave, et que la tentative de rédemption n'a pas eu lieu.
"Quant à la leçon de l'histoire, je crois que c'est la suivante: jusqu'à notre mort, on est fondamentalement dans l'inauthenticité. Mais je suis encore en vie."
Qu'est devenue Rocky? Tiffany? Qui lui a infligé de telles blessures?

Galveston est un roman profondément humain dans lequel le personnage principal lutte pour devenir un homme bien. C'est aussi un roman, dur, âpre et violent parfois, dans lequel le lecteur attentif  retrouvera quelques obsessions qui feront le succès de la série True Detective. Le ton du récit est à l'image du contenu: dur, constamment dans l'instant, et surtout empreint d'un constat d'amertume et de regret.

A découvrir sans tarder.

En attendant les barbares, John Maxwell Coetzee

Ed. Points Seuil, mars 2000, 249 pages, 6.7 euros


"Je suis au delà de la souffrance"


En attendant les barbares est présenté comme un roman mais derrière cet artifice de fait, c'est surtout un plaidoyer sur la liberté et la justice, ainsi qu'une dénonciation de la souffrance et de la torture. L'histoire du Magistrat, narrateur perdu dans un oasis de l'Empire, devant faire face un jour à la violence de soldats venus dans son village pour contrarier une éventuelle invasion barbare, est secondaire.
Très vite, l'auteur se sert de son personnage pour écrire de véritables fulgurances littéraires. Ainsi, il oppose un homme épris de justice et pacifique, à un homme froid, dont le regard est caché derrière des verres fumés, et dont "le travail est de trouver la vérité". Pour cela, tous les moyens sont bons, y compris la torture.
Mais qui sont ces Barbares dont on parle tout le temps mais qu'on ne voit jamais? Ce sont de simples tribus nomades vivant "en dehors de l'Empire" dont le seul tort est de ne pas ressembler aux autres dans leurs coutumes.
Très vite, on peut faire un parallèle avec l'apartheid, et le magistrat porte la voix de Coetzee: "je souhaite que ces barbares se soulèvent et nous donnent une bonne leçon pour que nous apprenions à les respecter. A nos yeux, ce pays est à nous, il fait partie de l'Empire (...)Mais ces gens, ces Barbares ne le voient pas du tout sous ce jour (...) A leurs yeux nous sommes toujours des hôtes de passage."

En prônant une politique de justice, le Magistrat devient lui-même un ennemi, puis subit la torture physique et morale pour avoir reconduit chez elle une pauvre Nomade torturée. Il comprend alors que les inquisiteurs et les bourreaux "ont pour article de foi qu'on n'atteint la vérité extrême que dans la dernière extrémité".
L'attente d'un ennemi invisible et la gravité du sujet traité freinent considérablement le rythme du récit. Ainsi, Coetzee a favorisé l'émotion et la réflexion au détriment du dialogue et de l'action.
Dès lors, il faut vous attendre à une lecture très "cérébrale" qui consiste à justifier cette idée:
 "le crime qui est latent en nous, nous devons nous l'infliger à nous même."
Bonne lecture!

Absences, Alice Laplante

Ed. 10/18,  collection Domaine policier, mai 2014, 408 pages, 8.4 euros

A la frontière de l'oubli.



Amanda est morte, et la dernière personne à l'avoir vue vivante, semble-t-il, est sa voisine et amie de longue date, Jennifer. Or, interroger Jennifer sur la dispute qu'elles auraient eu un peu avant, ou même sur son emploi du temps, relève de l'impossible. En effet, la suspecte n°1 souffre de la maladie d'Alzheimer depuis quelques années, ce qui lui a valu de prendre sa retraite de chirurgien orthopédiste de façon précoce.
Il y a des jours avec et des jours sans. Certes, un journal de bord rempli par l'entourage de Jennifer permet de retranscrire les bribes de mémoires, les allusions, les souvenirs qui émergent de son cerveau confus. Comprendre l'amitié entre Amanda et Jennifer est un travail de longue haleine, ponctué de digressions, d'oublis, de rancœurs mal digérées. Peu à peu, le lecteur comprend qu'Amanda était "un mystère vivant", une inflexibilité morale à toute épreuve, une seconde mère aussi pour Mark et surtout Fiona, les enfants de Jennifer. Au fil des pages, on sent "une alliance plutôt qu'une amitié. Comme un traité entre deux chefs d'Etat, chacun à la tête de puissantes armées."

A l'enquête sur le meurtre d'Amanda vient s’ajouter les relations familiales de Jennifer. A cause (ou grâce à) de sa maladie, elle devient la confidente d'un jour de ses enfants, de sa dame de compagnie Magdalena, du lieutenant de police. Se confier à elle est d'autant plus facile qu'elle oublie tout et semble incapable de porter un jugement sensé.
Dès lors, le roman devient un exercice de style dans lequel l'esprit de Jennifer est au centre. Des répétitions, des interrogatoires, des fuites de la malade vers les lieux de son passé émergera la vérité  et surtout le mobile du crime.
Absences est l'art et la manière de trouver de la cohérence dans un esprit incohérent. Le récit est un véritable jeu de pistes dans lequel suinte la souffrance des enfants confrontés au quotidien à la maladie de leur mère. Dès lors, l'épilogue est à la mesure du contenu: déroutant et alambiqué.

Dix-neuf secondes, Pierre Charras

Ed. Folio Gallimard, mai 2005, 160 pages, 6.2 euros

Zeus, Styx, Hadès


Nom de code Zeus ! De quoi s'agit-il au juste ? Simplement l'ultime rendez-vous que donne Gabriel à Sandrine pour tenter de remettre à flot une histoire d'amour qui ne cesse de se débattre dans les eaux de la routine:
"Ils ne s'amusaient plus (...) Ils ont basculé dans le raisonnable, le convenable. La convention. Ils sont devenus vieux".
Zeus se déroulera dans le RER : Gabriel attendra Sandrine sur le quai de Nations, tandis que la jeune femme sera dans la troisième voiture... Si elle ne vient pas, si elle ne descend pas, c'en est fini de leur histoire, c'est ce qu'il ont convenu à deux.

Or, la jeune femme prend bien le métro, mais sans l'intention d'y descendre rejoindre son compagnon. "Son seul but était de voir cet instant. De vivre cet instant. D'être là. Et elle a été là. Elle a été présente au moment de son absence".
Et puis, Sandrine n'est pas seule. Autour d'elle, des passagers qui, comme elle, ont leur histoire, leur raison toute personnelle d'être à cet instant précis dans cette rame de RER; autant de vies parallèles que l'auteur nous raconte en peu de lignes, fils d'Ariane invisibles qui convergent vers un destin commun...

"C'était un anti bruit, comme on parle d'antimatière", se dira plus tard un des passagers avant de sombrer. En effet, alors que Gabriel se pose des questions sur sa relation et sur l'étrange bonhomme au blouson jaune qui est descendu juste avant la fermeture des portes, une explosion retentit dans le tunnel. Ce tunnel devient le Styx, le fleuve menant aux Enfers, à l'Hadès tant redouté par les anciens. Les chapitres qui s'égrènent comme autant de secondes avant l’instant T emmènent le lecteur vers une séparation inéluctable où la mauvaise fiction prend le pas sur le réel. Dès lors, Gabriel va comprendre que cette idée de rendez-vous était stupide :
"On n'est pas stupide provisoirement. La bêtise n'est pas précaire, elle est mutante".

Finalement, Gabriel ne saura jamais vraiment si la personne aperçue en voiture deux était bien Sandrine...

Dix-neuf secondes est un roman angoissant et poignant, car dès le début, l'auteur n’épargne rien au lecteur quant à la suite des événements. Le drame s'amorce et on accompagne un Gabriel de moins en moins sûr de lui vers l'incrédulité et l'incompréhension. Pierre Charras raconte tous ces destins qui se trouvent autour du sac de sport abandonné. Lorsque la fiction rejoint la réalité des événements, les protagonistes ont besoin de temps pour comprendre :
"On était entré en vacuité au départ, on se remettait à l'existence à l'arrivée".

Pierre Charras signe un roman digne d'une tragédie antique dans lequel, malgré les efforts déployés, les dieux en ont décidé autrement.



Une vie merveilleuse, Dominique Brisson

Ed. Syros jeunesse, collection Tempo +, février 2014, 96 pages, 6.2 euros

Crise d'adolescence


En vingt-six chapitres, comme autant de lettres de l'alphabet, un garçon raconte sa sœur, sa moitié, belle et fragile qui, en quatrième, est devenue autre:
" Elle me semblait fragile et précieuse. Mais en grandissant, ma sœur solaire, ma sœur blonde avait aussi pris un coup de nuit. Son visage s'est allongé et s'est fermé; sa bouche a eu plus de mal à sourire et ses yeux ont perdu leur douceur. Des yeux bleus qui se durcissent, c'est comme une pierre précieuse qui se révèle coupante."
Au fil des mois, le dialogue s'éteint, les parents prennent leur mal en patience, mais le frère sent que la sœur ne va pas bien du tout. Que ce soit les bêtises au collèges ou les insultes, les sarcasmes et les dénigrements sur les réseaux sociaux, rien ne lui est épargné. "Chaque échange était un carnage"; plus elle est rejetée, mieux c'est, semble-t-il.
L'arrivée d'une nouvelle amie, Diane, n'y change rien. Certes, elle semble plus en retrait, mais Diane est la mauvaise étoile, celle qui "prend la lumière" et distille les mauvais conseils.

R comme la Rage de sa sœur les derniers temps, S comme Saxophone, l'instrument qu'elle aimait tant, E comme Enveloppes, l'étrange collection de la jeune fille.... X comme Adieu, cette volonté d'être rayée de la carte ou des autres.
Parce qu'il l'adore et qu'il ne comprend pas, le frère raconte sa sœur, "ses arabesques sanguinolentes" quand elle n'a plus eu de mots pour s'exprimer, mais aussi leurs petits moments de joie quand ils faisaient la course sur le pont ou se chamaillaient sur le lit. En retrait, il voit tout, comprend, devine qu'il va se passer quelque chose de grave. Le lecteur sent aussi que la pression monte, que "le diable au corps" doit justement sortir.

Tout en pudeur, avec une économie de mots, Une vie merveilleuse est un étonnant message d'amour d'un frère à sa sœur qui se débat dans son mal être. Dominique Brisson décrit une crise d’adolescence infernale dans laquelle l'entourage est désarmé et incrédule.On ne sombre jamais dans la surenchère ou le malsain, mais on éprouve une émotion certaine à la lecture de ce récit.

A partir de 13 ans.

Le Petit Principe, Eva Almassy

Ed L'Ecole des Loisirs, illustré par Thanh Portal, collection Neuf,  mai  2014, 92 pages, 9 euros

 Faire l'expérience de l'Univers.


Le Petit Prince avait abordé l'aviateur en panne dans le désert par un "dessine moi un mouton." 
 Nous sommes au 21ème siècle, la conquête spatiale fait partie de notre histoire commune. Désormais, nous avons des mécanos de l'espace veillant au bon entretien des machines qui gravitent autour de notre bonne vieille Terre. L'aviateur a cédé la place au spationaute...
Justement, c'est en réparant une navette récalcitrante tout en gravitant dans le vide spatial que l'un d'entre eux entend une voix. C'est d'autant plus étrange que normalement seul le silence ou la voix de la radio accompagnent son travail.
"La planète qu'on voit là-bas, c'est la Terre?" demande cette voix.

L'astronaute n'en croit pas ses oreilles, mais la voix se fait plus insistante et son rire est cristallin; elle ajoute:
"Si tu n'aimes pas parler des requins, nous pouvons discuter d'autre chose. Tu as un sujet de conversation favori? "

Ainsi se déroule la rencontre avec le Petit Principe. C'est le surnom de ce petit garçon, d'une insatiable curiosité qui voyage de trous noirs en trous noirs comme jadis le Petit Prince allait de planète en planète. A chaque fois, il rencontre un personnage singulier: qu'il soit professeur de sciences, psychologue, producteur de cinéma, ou amateur de saut à l'élastique, chacun a sa vision bien particulière de la vie, et tente de la transmettre au jeune visiteur. Seulement, à chaque fois, "il a soif d'autre chose"...

"J'ai vu mille et mille choses étranges en passant par des trous noirs" et il raconte ses expériences. Mais en fait, pourquoi voyage-t-il? "Je suis parti, pour trouver un endroit où tout serait accompli immédiatement et sans délai. Malheureusement, ce sont les trous noirs les plus rapides. Tout tombe tout de suite."
En effet, le petit garçon en a marre de l'inertie des adultes. A chaque qu'il leur pose une question, la réponse s'accompagne d'un "en principe, oui." Or, il sait très bien que cette expression veut en fait dire "généralement non."

Le lecteur suit ainsi les pérégrinations de ce personnage pas comme les autres au quatre coins de l'univers. Parfois, on tombe sur de petits fulgurances littéraires:
"Sans la gravité des choses... est-ce qu'on aurait des raisons pour pleurer?"

Eva Almassy s'inspire librement du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry sans pour autant le copier. Son personnage cherche des réponses aux questions qu'il se pose, sans laisser assez de temps à ses interlocuteurs pour pouvoir lui répondre. Il est constamment dans l'instant, alors que le récit se déroule dans l'univers, incarnation de l'éternité. De par sa simple présence, il interpelle non seulement le spationaute mais aussi le jeune lecteur.

Le Petit Principe est une fable moderne aux illustrations sans cesse en mouvement, rendu possible par les innombrables traits à l'encre de chine. Finalement, l'univers n'est pas un endroit vide et noir. Il est peuplé par l'imaginaire de celui qui s'y attarde.

a partir de 9 ans.


Expo 58, Jonathan Coe

Ed. Gallimard, traduit de l'anglais (GB) par Josée Kamoun,  février 2014, 336 pages, 22 euros

 James Bond belge



Le héros du roman, Thomas Folley, est l'archétype même du flegme britannique, engoncé dans une éducation et des convenances bien établies qui finalement, lui donnent l'apparence d'un psycho-rigide aux yeux de tous.
Pourtant, Thomas n'est un british pur souche. Il est belge de par sa mère qui a fui avec sa famille son petit village envahi par les Allemands lors de la Grande Guerre. Or, comme sa mère est toujours restée évasive quant à son passé, le jeune homme ne pose guère de questions sur l'histoire familiale. D'ailleurs, de ce côté là, il a fort à faire. Marié et père de famille depuis peu, il a l'impression de plus en plus tenace de vivre dans une routine déprimante que même son travail n'arrive pas à effacer.
Heureusement, on lui propose une mission en or sur le site de l'exposition universelle à Bruxelles.

L'action se déroule en 1958, dans un monde où la guerre froide bat son plein. Tout le monde surveille tout le monde, et l'expo universelle favorise certes les rapprochements entre pays, mais aussi l'espionnage industriel. Même si "l'Expo avait pour vocation de faciliter la comparaison entre les multiples activités des peuples du monde dans le domaine des arts et des sciences, de l'économie et de la technologie (...) son but ultime était de continuer à promouvoir l'unité du genre humain, dans le respect de la personne humaine."
La perspective de s'éloigner du pays  plaît beaucoup à Thomas. Sa mission est de surveiller le Pub Britannia, le centre névralgique du pavillon anglais, et ce pendant six mois. Et puis, la Belgique n'est-il pas un pays à découvrir?
Son arrivée sur les lieux, la vue de l'Atomium, provoquent chez lui un sentiment indéfinissable de confiance en l'avenir:
" Cette métropole qui défait l'imagination, si fourmillante, si moderne, si étincelante de vie et de promesses. Il avait la sensation de regarder l'avenir (...) Il se sentait le roi de l'univers."

Accompagné de près par Anneke, l'hôtesse belge chargée de le guider sur les lieux, Thomas va rencontrer des gens de tous les pays, et surveiller surtout ce qui se trame autour de la machine ZETA exposée au pavillon britannique et censée incarner le progrès vers la technologie nucléaire.
Affublé de Radford et Wayne, véritables Dupont et Dupond anglais, notre espion va déjouer les plans d'un pseudo journaliste soviétique, un certain Chersky...

La trame est impeccable, les personnages réjouissants. Le lecteur apprend avec plaisir quelques anecdotes de l'Expo Universelle de 1958 comme par exemple le départ des représentants du Congo Belge, lassés de faire l'effet "d'être des animaux dans un zoo" de la part des visiteurs.
Intrigue amoureuse, intrigue d'espionnage, racontées avec beaucoup d'humour rendent ce roman attrayant et plaisant à lire.
Expo 58 incarne la foi d'un homme en l'avenir, en lutte constante contre ses principes, et à la recherche du passé familial.

Wisconsin, Mary Ellendes Ellis

Ed. 10/18, réédition juin 2014, traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Maillet, 442 pages, 8.8 euros

A chaque jour suffit sa peine


Ernie Morisseau n'aurait jamais cru que ses nouveaux voisins installés sur les terres infertiles d'Olina, au Wisconsin, auraient tant d'importance dans sa vie et celle de son épouse Rosemary...
Peu après leur union, Claire et John Lucas s'installent donc dans leur ferme achetée à bas prix à une famille d'immigrés allemands. Très vite, deux enfants naissent: James alias Jimmy et Bill. Une famille normale en apparence, mais sans avenir, car John, solitaire taciturne sombre dans l'alcool et ne s'exprime plus que par la violence verbale et physique:
" Lorsqu'il buvait, il semblait toujours accablé par un sentiment d'échec qui, après avoir fermenté pendant des heures, finissait par faire remonter des vapeurs empoisonnées jusqu'à son cerveau et se transformer en rage meurtrière."
Claire subit au point de s'effacer de son propre corps et devenir l'ombre d'elle-même: "rien qu'un épuisement si total qu'il faisait d'elle une sorte de coquille vide."
Les garçons, à défaut de pouvoir compter véritablement sur leur mère pour les défendre, tentent de s'opposer au monstre qui vit avec eux. Pour Jimmy, ce sera l'engagement dans le corps des Marines et le départ pour la Guerre du Vietnam. Pour Bill, "la beauté rédemptrice de la nature", les excursions le long de la rivière Chippewa, et aider sa mère, en silence, à rester debout. Les seuls moments de douceur, ils les avaient chez les Morrisseau, car le couple les a toujours considérés comme leurs propres petits... Mais, Claire, dans sa détresse, les ramène à elle.
Dans cette ferme sauvage et caillouteuse, trois âmes tentent de trouver leur chemin tout en évitant le diable de la maison incarné par le père. Sauf que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, et les cris et les violences réitérées laissent des marques indélébiles et un étrange sentiment de mal-être.
Claire a l'impression constante d'une existence gâchée par la solitude et le désespoir au point qu'elle est incapable pendant longtemps de sortir la tête hors de l'eau et aider ses enfants. La solitude la fait parler aux arbres...

L'auteure, par le jeu des chapitres, donne la parole aux personnages récurrents. Nous somme ainsi dans un roman choral dans lequel,  pour une même situation, le lecteur a parfois l'occasion de lire un point de vue différent, ou une approche différente de la scène. Les Morrisseau incarnent la normalité; ils sont le rempart à la folie ambiante.
Dans ce roman fleuve, véritable fresque familiale (mais peut-on réellement parler de famille?) entre 1967 et 2000, plusieurs thèmes sont abordés: les Indiens implantés au Nord Wisconsin, la Guerre du Vietnam, l'alcoolisme, la fraternité... On ne sort pas indemne de cette lecture à la fois réaliste et poétique, où le Wisconsin et le Vietnam se font écho, où les âmes se réincarnent parfois et se montrent à leurs proches afin que ces derniers espèrent encore et ne baissent pas les bras.
A chaque jour suffit sa peine se dit souvent Bill désormais adulte. Car comment grandir et être un adulte normal et responsable lorsqu'on a grandi dans un tel chaos affectif et émotionnel?
Mary Ellendes Ellis répond à cette question fondamentale, et la littérature devient, entre ses mains, beauté et espoir d'une vie meilleure.
Un très bon roman.

Les heures souterraines, Delphine de Vigan

 Ed. Le livre de Poche, mars 2011, 256 pages, 6.6 euros

Ultra moderne solitude


Thibault et Mathilde ne se croiseront jamais, car la ville est trop grande.Pourtant, ils ont les mêmes états d'âme, la même impression étrange et pénétrante qu'ils sont arrivés au bout d'un processus, "au bout de ce qu'il est humainement possible de supporter".
Pour Thibault, c'est la grande désillusion. Il a enfin réussi à rompre avec celle qui ne l'aimait pas, mais qu'il gardait comme une perfusion au bras. Happé par la ville et ses embouteillages, il n'arrive plus à faire éponge de ce qu'il voit au quotidien en tant que médecin: la solitude et la détresse des gens. Il sent que la ville "attend son heure pour le vomir ou le recracher, comme un corps étranger". Mathilde s'est épanouie au sein de l'entreprise qui l'a accueillie il y a huit ans après le décès de son mari. Seulement, un jour, elle a osé contredire en public son supérieur....
De là, le lecteur comprend que le harcèlement moral s'est mis en place, même si le terme n'est jamais employé. Elle est venue jour après jour, témoin inerte de sa lente "désintégration" au sein d'un endroit où elle avait de hautes responsabilités.Désormais, elle côtoie la lâcheté des collègues, les nuits d'insomnie, la fatigue et la dépression qui guette.
Maintenant, "elle se tait, parce qu'elle a honte." Pour elle, la vie est devenue "un pendule oscillant entre la souffrance et l'ennui".
Pas très gai me direz-vous. Vous avez raison, mais le lecteur est happé par ces deux destins écorchés par la vie si bien que j'ai lu ce roman d'une traite. Par une économie de mots, l'auteur a écrit un récit essentiel sur "ces heures souterraines" c'est à dire ces moments où on est confronté à son moi, où on est relégué au rang de quantité négligeable.
La ville, par son caractère oppressant, devient le troisième personnage ou bien le jumeau du supérieur de Mathilde.
 Bref, un roman à lire d'urgence!

Dans la nuit brune, Agnès Desarthe

Ed. Points Seuil, septembre 2011, 232 pages, 6.6 euros

Agnes Desarthe s'est inspirée d'un livre écrit par deux chercheurs du CNRS et consacré à la persécution des juifs de Lens pour écrire ce livre. De plus, selon elle, chaque enfant naît sauvage, ce sont les parents qui les socialisent et posent les normes.

Mythe de l'enfant sauvage devenu adulte

 


Jérôme est bien étrange: on sent chez lui un homme tout le temps à côté de sa vie. Bien inséré pourtant dans la société, il fait partie de ces personnages lunaires qui ne montrent rien, qui ne disent rien sauf l'essentiel, et encore!
Même lui s'en rend compte: "ce qu'il a toujours connu en revanche, c'est cette cavité en lui, cette absence, comme une chambre d'écho intérieure"
Alors, quand sa fille unique perd son amoureux dans un accident de moto, Jérôme est perdu, incapable de réagir comme il faut devant la détresse de Marina. Lui, il a une explication à tout cela: petit, il a été trouvé dans une forêt. D'ailleurs, il éprouve encore le besoin de se sentir en communion avec la nature, même si "l'horreur de devenir une bête l'avait emporté sur la douleur d'être un homme.
Sauvage il a été, sauvage il est resté au fond de lui, d'où ce décalage permanent dans ses relations avec autrui...
La rencontre avec un lieutenant de police un peu spécial et une femme totalement extravertie vont lui permettre de faire la paix avec lui même. Agnès Desarthe, une nouvelle fois, signe un roman à demi mots dans lequel le lecteur doit deviner les sensations profondes des personnages en présence. L'intrigue emmène le lecteur dans un jeu de colin maillard genre "tu chauffes, tu refroidis" si bien que certains se sentiront mal à l'aise à cause du manque d'actions de l'ensemble et du caractère assez éthéré du reste. 
 Roman compliqué, cérébral, tout en finesse psychologique, mais qui mérite toute votre attention.

Newsletter (36)





Rendez-vous hebdomadaire du samedi, la Newsletter vous propose des liens vers des articles littéraires (ou non) de la semaine, et un récapitulatif de mes lectures en cours,  de mes coups de cœur,  et pourquoi pas, parce qu'il y en a aussi,  de mes coups de gueule!

 

Nous connaissons tous quelqu'un qui passait le bac cette année. Alors, histoire de  remonter le moral à celle ou celui qui s'est planté, voici une petite liste de grands écrivains qui n'ont pas eu leur bac alors qu'ils sont étudiés au lycée. Merci Bibliobs!
http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130614.OBS3446/ces-grands-ecrivains-qui-n-ont-pas-eu-le-bac.html

Photo Editions J'ai Lu

Winter is coming à Dijon depuis jeudi dernier. En effet, George R.R Martin, auteur de Games Of Thrones (Le Trône de Fer) avait choisi cette ville pour sa seule séance de dédicace sur le territoire. Pour l'occasion, on a eu du lourd, comme par exemple, une garde noire (à cheval en ville), des figurants en costume de la série, ou encore le corbeau empaillé à côté du pauvre écrivain, qui sur le photos, avaient l'air de subir la situation. En même temps, lorsqu'on sait que plus de mille personnes sont en train de faire la queue à l'entrée pour une signature, il y a de quoi flipper!


Le Monstre - Serge DoubrovskyEn 2013, tout le monde parlait de Naissance, le roman de plus de mille pages de Yann Moix, couronné par le Prix Renaudot, et publié chez Grasset. En 2014, Naissance paraîtra riquiqui (question taille et non contenu) par rapport à Monstre, le livre de Serge Doubrovsky, annoncé avec plus de 1700 pages, publié aussi chez Grasset. En fait, Monstre porte bien son nom finalement! Pas le genre de bouquin qu'on transporte partout dans son sac à main! MyBOOX vous donne davantage de détails:
http://www.myboox.fr/actualite/rentree-litteraire-2014-serge-doubrovsky-publie-un-monstre-de-1700-pages-ac-30040.html








Trois bonnes nouvelles:

1- La librairie Guillaume Budé s'ouvre à la Bande Dessinée sans renoncer à ses thèmes de prédilections. Ainsi, on peut y trouver des BD comme Alix ou Murena
http://www.librairieguillaumebude.com/2014/07/la-librairie-guillaume-bude-s-ouvre-a-la-bande-dessinee.html
2- L'éditeur jeunesse  L’École des Loisirs a enfin un compte Facebook, Twitter et Instagram; alors, n'hésitez pas, abonnez-vous!
3-  Le mangaka Jiro Taniguchi sera au Festival d'Angoulème l'année prochaine.
http://www.myboox.fr/actualite/fibd-angouleme-2015-le-mangaka-jiro-taniguchi-invite-ac-30020.html



L'info inutile (7)
Qui se souvient de l'acteur Burt Reynolds, jumeau cosmique de Magnum (la moustache!) ? Si vous avez oublié, pas grave, car monsieur a décidé de publier ses mémoires, histoire qu'on se souvienne un peu de lui...
 http://www.actualitte.com/international/le-sex-symbol-burt-reynolds-ecrit-ses-memoires-51212.htm


Les articles les plus lus cette semaine sur Fragments de lecture sont:
- Nous sommes tous morts, Salomon de Izarra
- Chanson de la neige silencieuse, Hubert Selby Junior
- 10 questions à Marie Chartres (entretien)


Livres lus et bientôt chroniqués:
- Les chutes (relecture), Joyce Carol Oates, Points Seuil
Dix-neuf secondes, Pierre Charras (Folio)
- Absences, Alice Laplante (10/18)
- Goat Mountain, David Vann (Rentrée littéraire 2014)
- Dolores Claiborne , Stephen King (Pocket)


Bon week-end livresque et bonnes vacances à ceux qui les commencent!

RUE DES ALBUMS (54) Est-ce que la maîtresse dort à l'école, Carole Fives et Anne-Isabelle Le Touzé



Ed. L'école des Loisirs, mars 2014, 32 pages, 13 euros

L'école, c'est toute sa vie!

 

Les maîtresses ont-elles une vie lorsqu'elles ne sont pas devant les enfants ? Ont-elles une maison, une famille, un chien ? Font-elle les courses ?
Quand on est petit on croit que la maîtresse fait « partie des meubles », qu'elle ne sort jamais de sa classe et attend patiemment le retour des bambins le lendemain matin pour une nouvelle journée de travail.
Avec cet album, Carole Fives entretient le fantasme en surfant sur l' imaginaire enfantin. En effet, toutes les maîtresses dorment à l'école, et quand elles ne dorment pas, elles font la fête avec les collègues.... à l'école, bien entendu !
Alors, bien sûr, chacune a ses petites habitudes, « comme celles qui dorment dans les placards à fournitures. Ces maîtresses-là on les reconnaît tout de suite : elles ont de la craie sur leur pantalon. »
De plus, les maîtresses mangent aussi en profitant de la cantine la nuit pour se préparer de bons petits plats !

Finalement la vie après l'école n'est pas si terrible ; c'est souvent la fête, et comme la maîtresse est maniaque, elle nettoie tout avant le retour des enfants.

Les illustrations de Anne Isabelle Le Touzé apportent de la douceur par le choix de couleurs pastel et la représentation des personnages. En effet, les professeurs des écoles sont rayonnants et semblent heureux de vivre sur leur lieu de travail. Néanmoins, petit clin d’œil à la fin , lorsque la maîtresse apparaît endormie sur son bureau alors que les enfants arrivent. Eh oui, elle a aussi besoin de se reposer!

Est-ce que la maîtresse dort à l'école est un album rafraîchissant, drôle, qui joue sur nos croyances enfantines, et ravira aussi bien les petits, les grands enfants, les maîtresses... comme moi !

A partir de 4 ans