Purge, Sofi Oksanen

Ed. Le Livre de Poche, traduit de l'estonien par Sébastien Cagnoli, février 2012, 129 pages, 7.6 euros

 

 Noirceur extrême


C'est en s'inspirant de l'histoire de certains membres de sa famille que l'auteur a eu l'idée de ce roman.
Sans linéarité temporelle, ce livre flirte aussi bien avec le genre historique (l'histoire douloureuse de l'Estonie) qu'avec le genre policier (Zara est pourchassée).
Cependant Purge est surtout l'histoire de la rencontre de deux femmes, la rencontre aussi de deux générations dont le face à face va permettre de sortir les démons du passé et s'affranchir de ses actes les plus honteux.
Aliide est l'incarnation de celle qui a commis des actes inhumains par amour pour un homme qui ne l'aime pas, mais aussi pour jouir d'une vie assez tranquille après sa terrible nuit d'interrogatoire dans la cave de la mairie de son village.
Zara est la jeune fille qui a rêvé d'occident et d'études et qui se retrouve dans un engrenage infernal de traite des blanches qu'elle a fui en commettant l'irréparable.
C'est un roman d'une grande noirceur où l'optimisme et les éclats de rire sont bannis.
C'est un roman où le lecteur voit un pays et leurs deux héroïnes panser leurs plaies.
Mais c'est surtout un roman implacable, qui, avec un style somme toute classique, décrit les malheurs de l'Histoire et en filigrane pose la question du remords et des regrets.
Seule la fin, un peu trop convenue à mon goût, m'a légèrement déçue.

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