Mal de pierres, Milena Agus

Ed. Le Livre de Poche, janvier 2009, 152 pages, 5.1 euros

Mal d'amour


Le récit de ce roman est tout en délicatesse, à l'image de sa couverture. Miléna Agus a su allier une prose de qualité et une écriture "libre de ton" où parfois les scènes irrévérencieuses prennent leurs quartiers sans toutefois porter atteinte à la qualité de l'ensemble. La narratrice raconte la vie de sa grand-mère, pas comme les autres: "elle n'était pas folle, simplement une créature que Dieu avait faite à un moment où Il n'avait pas envie de femmes habituelles en série, Il avait eu une inspiration poétique et Il l'avait créée." Cette femme fantasque attend désespérément l'amour et se résout finalement à se marier sans. Le temps d'un séjour en cure pour soigner son "mal de pierres" (calculs rénaux), elle va rencontrer en la personne du Rescapé ce qu'elle a toujours attendu...
Au fil des pages, le lecteur est emporté par l'histoire de cette vie sarde dont on ne sait si elle fut réelle ou fantasmée. Parfois, ne vaut-il pas mieux que la vie prenne les accents d'une vaste "entourloupe" afin d'y subir son poids plus légèrement?
 La grand-mère devient un personnage charismatique qui se réinvente sans cesse; c'est celle qui a pris la folie pour permettre que l'équilibre entre l'ordre et le désordre soit respecté et que le monde évite de se scléroser et s'arrêter. Très bien écrit, ce court roman est un bijou de finesse littéraire qu'il convient de ne pas négliger.