Les âmes soeurs, Valérie Zenatti

Ed. Points Seuil, janvier 2011, 156 pages, 6.1 euros

Un air de Madame Bovary....




La narratrice Emmanuelle (en souvenir d'Emma?) s'octroie une journée de congé pour terminer le livre qui la hante et faire le point sur sa vie de femme mariée et mère de trois enfants.
"Comme une chanson de Léonard Cohen égarée dans un congrès néonazi", la narratrice se sent étrangère à sa propre vie et au monde la plupart du temps. Un peu paumée depuis la mort de sa meilleure amie, Emmanuelle n'arrive plus à donner de significations aux événements:
 "elle pense qu'elle est en train de chercher la bonne position pour vivre comme on cherche la bonne position pour dormir."
De sa lecture on ne connaît pas le titre, mais le contenu à travers quelques pages. Ainsi la narratrice se passionne pour les états d'âme de Lila, photographe reporter qui a perdu soudainement l'amour de sa vie Malik. Par ce biais, Valérie Zenatti nous propose de belles phrases sur l'amour de la lecture et le sentiment de plénitude que le le livre apporte:
 "elle n'avait qu'une hâte : retrouver le livre, se sentir absorbée par lui, reprendre sa place dans cette vie secrète et intense où tout lui était possible, où tout lui était vivable".
Certes, on retrouve certains parallèles avec Madame Bovary de Flaubert dans le sens où l'héroïne cherche dans la lecture le refuge et la vie qu'elle n'a pas vécue, mais la comparaison s'arrête là. Emmanuelle est à un stade de sa vie où elle a besoin de faire le point sur sa situation professionnelle, son rôle de maman et d'épouse (et croyez moi certaines scènes du début du livre sont criantes de vérité). Alors le roman qu'elle transporte dans son errance à travers Paris et dans le train devient simplement le prétexte à une pause et une remise en question.
Là où Emma Bovary n'a pas su gérer, Emmanuelle en sortira grandit et épanouie.

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