Les amandes amères, Laurence Cossé

Ed. Folio Gallimard,  janvier 2013, 240 pages, 6.8 euros

Apprendre à apprendre


Edith est pleine de bonne volonté lorsqu'elle décide qu'elle sera celle qui apprendra à lire et à écrire à sa femme de ménage Fadila. Seulement, c'est une femme d'une soixantaine d'années, d'origine marocaine, usée par la vie, et  un gamin de six ans....
Les conditions ne sont pas les mêmes, ce qui nous vaut quelques pages assez techniques sur l'apprentissage de la lecture et son vocabulaire à "faire peur", mais aussi des passages récurrents décrivant des situations d'apprentissage qui, à force, deviennent rasantes.
En fait, le roman tient tout entier sur Fadila, personnage haut en couleur à la personnalité attachante et au caractère bien trempé.
A travers elle, l'auteur dénonce quelques clichés sur la population immigrée, mais en affirme d'autres aussi: par exemple, Fadila porte aux nues son fils, pourtant peu proche d'elle, tandis qu'elle râle toujours sur l'attitude de ses filles ....
Toujours est-il que l'ensemble laisse un arrière goût d'inachevé avec une impression de perpétuel recommencement bizarrement interrompu par une fin qui se conclut en une page et demie! Les personnages secondaires sont à peine esquissés, et Edith sert de faire valoir à Fadila. Enfin, les amoureux des grandes et belles phrases seront déçus car le style est concis, haché, enfermé dans des chapitres très courts. Les amandes amères est une lecture découverte, sympathique, mais pas l'œuvre phare de Laurence Cossé.

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