L'arc-en-ciel blanc, Akira Yoshimura

 Ed. Actes Sud, traduit du japonais par Martin Vergne, mars 2012, 181 pages, 17.3 euros

Tourmente


Quatre récits dont les points communs sont de mettre en scène des enfants, et d'opposer la pureté de la nature à la misère humaine.
Si vous cherchez un livre léger, plein de bons sentiments, passez votre chemin. Ici, les enfants ne portent que le nom d'enfants et portent déjà les responsabilités des adultes.
Abandonnées, rejetés, témoins de la violence des hommes, ils tentent de se trouver une place dans ce monde qu'ils ne comprennent pas et apprennent très tôt la notion de survie. De ce fait, la mort n'est pas un sujet tabou, plutôt l'ultime solution si la situation empire...
Pourtant, malgré la gravité de ton, Yoshimura adoucit les faits qu'il décrit en les situant toujours au sein d'une nature pleine de pureté. Ainsi, trois des quatre récits se déroulent sous la neige, mais jamais la nature ne devient un ennemi.
Chaque histoire propose un personnage dit "de transition" dont le rôle de médiateur permet de rendre compte au héros qui souffre qu'une autre alternative existe. Jiro, "au cerveau différent de celui des gens normaux" ressent l'anormalité de ce qu'il voit et tente par ses maigres moyens de porter secours à la petite fille qui souffre.
L'auteur pose donc la question: faut-il être simple d'esprit ou peu impliqué dans la société pour ressentir la détresse et le chagrin?
L'absence de communication, l'influence du passé, l'amour absolu sont autant de thèmes qui se recoupent le long des quatre récits, avec, à chaque fois, un épilogue qui se veut être la continuité même de l'histoire. Il n'y a pas de place aux péripéties ou aux retournements de situations, comme si la vie de ces personnages était toute tracée, les empêchant ainsi de se forger un destin personnel.

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