La lanterne d'Aristote, Thierry Laget

Ed. Gallimard, septembre 2011, 336 pages, 19.3 euros

Hommage aux livres


Le narrateur, se qualifiant lui-même de "rat des livres", est engagé par la Comtesse Azélie pour répertorier la bibliothèque du château.
Or, ce dernier ne renferme pas que des ouvrages inestimables. Il abrite aussi des personnages inquiétants, des sous-sols remplis de mystères et une chambre occupée par un mystérieux locataire. Cette "assemblée prosaïque" permet de donner de l'élan à un livre dont la principale exigence est de faire honneur à la littérature en générale et au roman en particulier.
 De ce fait, la lecture est exigeante et peut paraître "intellectualisante" pour un lecteur lambda. Notre bibliothécaire fustige la littérature contemporaine et ses romans "kleenex" (décochant des flèches à Levy et Musso par exemple), les qualifiant de "coquelicots, si brillants sur leur talus, mais qui fanent dès qu'on les a cueillis".
Pour lui, la littérature est "une immense vibration du monde" et on sent bien que, décomplexé par son statut de millionnaire, il entend bien vivre comme sa passion.
Alors, s'ensuivent des pages sur l'interprétation d'une main posée sur une cuisse, sur le statut d'une marchande des quatre saisons devenue écrivain, ou les déboires du Comte, ruiné par les subprimes américaines.
On passe un bon moment, mais l'exigence du style et le contenu fait que la lecture se fait à petite dose pour en apprécier la teneur. Certes, on trouve de bonnes pages, de bonnes réflexions sur "le romanesque", mais point de fulgurances, ni de ce petit truc qui fait qu'on se sent happé par le livre. Finalement, ce roman honore bien les cent ans des Editions Gallimard, car il est un bel hommage à la littérature française et antique.