La fête du siècle, Niccolo Ammaniti

Ed 10/18, traduit de l'italien par Myriem Bouzaher, février 2013, 357 pages, 8.4 euros

Néropolis!


En lisant ce roman, on ne peut s'empêcher de penser à certaines pages de Néropolis d'Hubert Monteilhet qui décrivait (déjà) la décadence de l'Empire Romain.
On ne peut s'empêcher non plus de faire le rapprochement avec certaines pratiques festives d'un ancien dirigeant italien .
Toujours est-il que l'auteur, sous couvert d'une fête déjantée, propose un véritable jeu de massacre, usant et abusant de la satire à outrance pour mieux se moquer de ceux qui polluent notre téléviseur à longueur de journées ou usent de l'écriture pour se donner une contenance en se disant écrivain. Comme dans les jeux du cirque, on a le droit à des combats avec des animaux exotiques, sauf que le spectacle ne tourne pas trop à l'avantage des invités.
Pour couronner le tout, vous ajoutez une secte sataniste de pacotille, dont le leader, Mantos, se prend pour un méchant, un vrai, même si, "en secret il adore ce bon vieux Billy Joel",qui décide de frapper fort pour se faire connaître.
Alors, parfois, la lecture agace car on est toujours dans la surenchère, le paraître, avec des dialogues "transparents", mais justement Ammaniti a écrit en fait une véritable farce sociale qui fait souvent sourire tout en laissant un goût amer.
Pour la fin, une réflexion du chef cuistot bulgare de cette fête du siècle, tout à fait symptomatique de l'esprit de ce roman déjanté: "l'appétit était l'expression d'un monde repu et satisfait, prêt à la reddition. Un peuple qui savoure au lieu de manger, qui grappille au lieu de se rassasier, est déjà mort et il ne le sait pas. La faim est synonyme de vie. Sans la faim, l'être humain n'est que l'apparence de lui-même".
 Un roman dérangeant, bien écrit, avec lequel on passe un bon moment.