American Gods, Neil Gaiman

Ed. J'ai Lu, septembre 2004, 603 pages

Que deviennent les dieux lorsqu'ils sont oubliés?

 

"Nous sommes comme le vent. Nous soufflons dans tous les sens."

 

La couverture peut porter à confusion, mais rien à voir avec d'éventuels super héros. D'ailleurs, dans le genre, il y a le très bon La vie sexuelle des super-héros de Marco Mancassola. 
Ici, le roman part du principe que les premiers émigrants débarqués aux Etats - UNis ont emporté avec eux leurs dieux qui se sont mélangés aux dieux déjà existants et vénérés par les autochtones. Mais, au fil des siècles, le peuple américain a tourné le dos à leurs idoles. Dès lors, ces dieux oubliés vivotent, perdus et dépossédés de leurs fidèles, telles des âmes en peine. Ils ont donc pris l'apparence d'humains et se sont mêlés à la population.
"Le Père de Tout" surnommé Voyageur, engage Ombre, ex-détenu et cent pour cent humain comme "homme à tout faire". Ombre découvre alors les "rouages" de ce peuple oublié voué à la disparition complète depuis que Mr Monde et ses sbires tout droits sortis des nouvelles technologies commencent à devenir très influents. 
Une guerre entre dieux se prépare: le panthéon nordique avec son lot d'elfes, de nains, de dieux et de déesses, contre ceux issus des médias et du progrès. Mais tout n'est pas si simple, car même les divinités ont leur orgueil et leur caractère! J'avoue que les deux cents premières pages ont été fastidieuses, le temps que je m'imprègne des personnages, du concept, bref, le temps que "je rentre dedans". Seulement, une fois cet écueil franchi, j'ai pris un réel plaisir à suivre ce récit.L'idée selon laquelle les dieux sont à l'image des humains qui les vénèrent est prise au pied de la lettre. Ombre se rend compte que le statut divin n'est pas facile, mieux vaut rester homme car "nous n'avons pas besoin que qui que ce soit croie en nous, et nous ne nous nourrissons pas du chaos"
Accompagné de sa femme adultère, ni tout à fait morte, ni tout à fait vivante, Ombre trouve sa place dans cette querelle ancestrale. L'humour et la dérision permettent d'"alléger" une prose qui pourrait devenir vite opaque tant le sujet est complexe. Finalement, ce roman mérite d'être au panthéon des gloires du fantastique.

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