Sévère, Régis Jauffret

Ed Points Seuil, janvier 2013, 160 pages, 6.3 euros

De l'inutilité de ce genre de récit...


Ah c'est sûr, je n'ai pas eu de mal à terminer ce livre: il est court, il est sans temps mort, il possède juste ce qu'il faut de sang et de sexe...
En plus, les passages glauques ne manquent pas pour agrémenter le tout. Cependant, je ne sais pas si on peut parler d'histoire d'amour pour évoquer la relation entre les deux protagonistes. Relation de domination conviendrait mieux. Elle, la narratrice se dit "demie-mondaine", "proche des hommes riches" car "ils la rassuraient". Mais surtout "l'argent sent bon", et quand on aime une femme comment lui prouver autrement qu'en lui donnant volontiers un million de dollars?
La victime est pathétique: il possède tout mais à force de combler ses fantasmes, il ose dire "je suis un dépravé" et il ne l'assume pas bien du tout. Apparemment, c'était un homme qui cherchait "le châtiment définitif que seule une mort violente pouvait lui apporter." Les incessants va et vient entre le passé et le présent stimulent le récit qui se veut froid et clinique (comme souvent chez Régis Jauffret), et portent le lecteur facilement vers la fin.
Mais finalement, le sujet méritait-il qu'on lui consacre une livre? Il s'agit d'un fait divers sordide comme on peut souvent en lire dans les journaux, et les protagonistes ne semblaient pas avoir la complexité de Jean Claude Romand dans L'adversaire d'Emmanuel Carrère pour attirer une telle attention.
 Seul aspect positif, j'ai préféré la réflexion de l'auteur sur les rapports entre la fiction et le réel, placée tel un prologue au roman. Ce n'est pas le livre de trop, juste un livre qui n'apporte pas grand chose.