Sept histoires qui reviennent de loin, Jean-Christophe Rufin

Ed. Folio Gallimard, septembre 2012, 192 pages,5.6 euros

Voyage, voyage


Ces sept histoires sont d'un intérêt inégal, mais toutes ont la systématisation de la chute ainsi que la preuve que "l'Histoire est une tragédie".
La plupart sont des récits doux amers dans lesquels les protagonistes regrettent un temps révolu, que ce soit celui du colonialisme qui avait le mérite de préserver "leur île", ou celui de l'alpinisme des années 30 dont les amateurs n'étaient pas des "sportifs du dimanche"...
Même si certaines n'apportent qu'un intérêt limité, on ne peut pas nier une certaine maîtrise du genre dans la construction de la nouvelle dont l'écriture, plus d'un écrivain vous le dira, suggère un art consommé de la concision et de la chute.
Au delà de l'aspect purement formel, j'aime chez Rufin sa description des lieux et des mœurs, simplement parce qu'on sent chez lui l'homme qui a voyagé et approché au plus près les populations. Ainsi, sa nouvelle se situant sur l'île Maurice résume à elle seule la contradiction de cet ouvrage: une histoire loin d'être passionnante mais dont l'atmosphère et les mœurs y sont tellement bien décrites que finalement on réussit à entrer dans le récit. Le dernier texte est un immense éclat de rire, une note de fraîcheur à l'image de son héroïne coincée dans un train et stressée de louper son rendez-vous amoureux alors qu'elle est en pleine période d'ovulation!
Finalement ce sont sept nouvelles sur la vie, la famille, les souvenirs, mais aussi sur les amours déçues ou contrariées qu'il est tant de vivre avant qu'il ne soit trop tard.

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