RUE DES ALBUMS (46) Il y a un dinosaure dans mon cartable, Quentin Gréban

Ed. Mijade, collection Les Petits Mijade, septembre 2012, 5.2 euros


"Moi, j'ai un dinosaure. Pas un jouet, non non.... Un vrai dinosaure. Il est encore si petit qu'il tient dans ma poche."
Le petit garçon de l'histoire s'est entiché d'un bébé dinosaure, trouvé on ne sait où. Toujours est-il que l'animal,  forcément, devient grand, et il est de plus en plus difficile à cacher!
A trop vouloir le protéger, petit dino fait de plus en plus de bêtises pour se montrer: traces de peinture, doudou mâchouillé, couettes tirées, jusqu'au jour où, le narrateur ne peut plus le cacher car il est décidément trop grand.
Sauf que, finalement, le lecteur se rend bien compte, au fil des pages, que l'ami du petit garçon existe surtout dans sa tête. Des traces de pattes, un bout de crâne, une queue sur le toit du bus, une ombre grandissante, mais jamais un dinosaure en chair et en os que tout le monde pourrait observer.
Dès lors, on en vient à la compréhension implicite du texte de Quentin Gréban. Le petit narrateur a un ami imaginaire qui permet de justifier ses bêtises et se déculpabiliser. Or, il est le seul à le sentir ou le voir. Ce n'est que lorsque maman demande à son fils de se justifier que le petit sent bien que son histoire a bien vécu. Se séparer de son dinosaure, c'est aussi admettre ses erreurs et grandir...un peu.

Côté illustrations, L'auteur a choisi des couleurs pastels qui tranchent avec le côté monstrueux et féroce souvent associé à l'animal préhistorique. L'histoire peut se comprendre seulement avec les illustrations, la fin aussi. Le dinosaure ne serait-il pas finalement un doudou grandeur nature rassurant pour un enfant très imaginatif?
Jamais il n'est dit explicitement que le narrateur se ment à lui-même et qu'il raconte des histoires aux autres. Seulement, quand son mensonge devient aussi gros que la taille de son animal, il faut voir la réalité en face et admettre la vérité.

Il y a un dinosaure dans mon cartable est un album qui est dans le même esprit de Comment élever son mammouth de compagnie du même auteur. On retrouve la part importante faite à l'imaginaire enfantin et l'importance que ce dernier peut prendre dans le quotidien que l'enfant tente de gérer au mieux à sa manière. Aucun jugement n'est fait, si bien qu'on aborde avec plaisir cette drôle d'histoire d'amitié entre un enfant et un animal disparu.

A partir de 5 ans.

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