Lunar Park, Bret Easton Ellis

 Ed. 10/18, collection Domaine Etranger, traduit de l'anglais (USA) par Pierre Guglielmina, 472 pages, 8.1 euros

Claque littéraire!


Auteur sulfureux assez controversé BEE a toujours décrit une Amérique où la société à la mode cachait de lourds secrets et s'enfonçait dans les paradis artificiels pour ne plus se regarder en face.
Lunar Park débute par une partie autobiographique puisque le narrateur est l'auteur lui même. Il n'hésite pas à décrire ses années dépravées qui ont suivi ses premiers succès littéraires. Sans état d'âme, il assume ses excès tout en portant un regard lucide sur son vécu. Puis l'autobiographie "dégénère" en autofiction lorsqu'en seconde partie le narrateur décrit sa vie rangée avec femmes et enfants dans le comté de Midland.
Banal me direz-vous? C'est là que tout se complique puisque sous le bonheur de façade les enfants sont sous psychotropes, les parents suivent une thérapie conjugale au bout de cinq mois de mariage, et la maison se révèle hantée... Le tout saupoudré de disparitions de garçons et de crimes bizarrement déjà vécus de façon littéraire...
Des pages n'ont rien a envier à l'épouvante façon Stephen King, mais il faut voir au delà: BEE combat contre ses propres démons: un père violent et mal aimant, un roman au succès fulgurant mais au contenu d'une rare violence (Américan Psycho). Bref, le narrateur-auteur se remet en cause et surtout dévoile une réelle fragilité d'enfant.
Aucun temps mort, d'une efficacité remarquable, Lunar Park plonge le lecteur dans une forme romanesque complétement originale et montre que le roman peut être aussi une confession voilée comme le signale celui qui hante le narrateur en lui disant: "Je veux que vous réfléchissez à votre vie. Je veux que vous soyez conscient de toutes les choses horribles que vous avez faites. Je veux que vous regardiez en face le désastre qu'est Bret Easton Ellis."

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