Le bébé tombé du train, Joe Hoestland et Andrée Pringent

Oskar Editions, février 2011, 47 pages, 14.95 euros

 

...Ou quand l'amour d'une mère est plus fort que tout



Comment parler de la Shoah sans utiliser une seule fois le mot? Comment parler des trains de la mort, sans en faire référence une seule fois? Comment parler du climat de délation de manière informelle?
Cette petite histoire est une merveille tant par la force du récit, que par la force de suggestion.
Anatole, vieil homme solitaire et peu liant, trouve un jour dans son jardin un bébé. Il se doute bien qu'il a du tomber d'un train qui passe parfois au bout de son potager.
Bourru mais humain, Anatole apprend à vivre pour deux. Le bébé lui ramène le sourire. Au fil des ans, Virgile (car Anatole décide de l'appeler ainsi) transforme son père adoptif. Jusqu'au jour où, sur cette voie ferrée où aucun traine ne passe plus, une femme avec une valise marche.
La fin vous scotche. Digne d'une chute de nouvelle, on comprend alors les petits détails parsemés le long du récit et auquel on n'accorde pas forcément d'importance. Et pourtant.... Ce livre est un petit bijou pour aborder les questions graves de la Seconde Guerre mondiale avec les enfants, car il montre du doigt les atrocités commises tout en gardant une certaine pudeur.
Certes, les illustrations noires, jaunes et blanches volontairement simples de traits mais fortes en émotions renforcent le texte et appellent à la réflexion.
Un excellent texte jeunesse dont la lecture attentive s'impose.

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