Globalia, Jean-Christophe Rufin

Ed. Folio Gallimard, juin 2005, 512 pages, 8.9 euros

"In Globe we trust!"



Dans la postface du roman, l'auteur explique son choix du récit d'anticipation. Selon lui, "l'essentiel est de parvenir à une puissante évocation, soit d'un monde disparu, soit d'un monde possible, qui permet au lecteur d'être présent hors de lui-même."
Fort de son vécu humanitaire et de la pratique des politiques, Rufin a construit une intrigue sur le fonctionnement de la démocratie et de la liberté.
Globalia, dans un futur proche, est considérée comme la démocratie idéale. Sa devise "Liberté - Sécurité - Prospérité" reprend les idées fixes du 21ème siècle. Dans un système où la liberté est exercée à outrance, le pire ennemi devient finalement la liberté elle-même. Trop de libertés tuent la liberté et les Hommes ne connaissent plus la peur.
Or, "cette denrée là est vitale. Dans une société de liberté c'est la seule chose qui fait tenir les gens ensemble.(...)Croyez-moi, un bon ennemi est la clé d'une société équilibrée". Ainsi, les dirigeants de Globalia vont utiliser un jeune homme idéaliste afin d'en faire l'ennemi public n°1.
Le lecteur suit les pérégrinations de Baïkal à la découvertes des non-zones, ces espaces où les Hommes fuient Globalia, et celles de Kate et Puig, à la poursuite de la vérité. Le récit soufre souvent de longueurs et de répétitions mais ces dernières n'entravent en rien l'avancée de l'intrigue. Rufin a écrit ce livre, je pense, pour prévenir la possibilité de l'existence future d'un attelage infernal où sous couvert de libertés, le citoyen n'est plus l'ombre que de lui-même, happé par un capitalisme à outrance dirigé par la société de consommation et l'individualisme forcené.
Au delà de l'histoire, nous pouvons lire quelques belles pages sur l'utilité du livre "objet infiniment précieux" lorsqu'ils est interdit car dangereux...
Finalement, un roman intéressant, parfois peut-être un peu trop versé dans l'invraisemblance (quoique), mais qui mérite une lecture attentive.

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