Contes carnivores, Bernard Quiriny

Ed. Points Seuil, septembre 2010, 220 pages, 6.3 euros

MIAM MIAM!!


Le genre fantastique est un genre difficile à maîtriser car soit l'écrivain sombre dans l'absurde et le grandiloquent, soit il s'inscrit dans la réussite. C'est un genre difficile car c'est aussi un genre qui plaît beaucoup aux lecteurs, et ces lecteurs ne veulent pas lire les mêmes choses chez des auteurs différents.
Aucune chance de trouver dans ces Contes carnivores une impression de déjà lu. Résolument contemporaines, ces nouvelles s'inscrivent dans l'originalité. Dès le premier récit, Sanguine, le ton est donné. De plus, l'auteur manie habilement le récit rapporté.
En effet, souvent, le héros de l'histoire raconte à un autre ce qui lui est arrivé. En fait, Quiriny use sans abuser de toutes les ficelles narratives: mise en abyme , lettre, enquête policière, auto-dérision, récit à la première personne, conte...Le lecteur rencontre aussi bien un miroir magique reflétant les secrets des gens, qu'une jeune femme qui a pondu un œuf...
Souvent, on retrouve des personnages qui portent le même nom, sans pour autant avoir de liens entre eux. Pierre Gould est l'incarnation du personnage fantasque par excellence, le symbole du cynisme et de l'humour noir. Sa Femme-livre est une conception tout à fait originale du fantastique:
 "vous n'imaginez pas comme cela encourage l'amour de la littérature. Les jeunes gens ne lisent plus les livres , ils les dévorent.(...) Ce vice impuni, la lecture...".
Tatouer un roman sur une belle femme invite non seulement à la lecture, mais préserve l'environnement! drôles, oniriques, mais jamais absurdes ou pesantes, ces nouvelles font la part belle aux "captations auditives" (pratiques), aux corps multiples pour une seule âme (ce qui pose quelques problèmes d'organisation...), aux histoires d'amour étranges, ou aux requêtes peu banales. Les chutes de chaque histoire sont réussies, et invitent facilement le lecteur à découvrir la suivante.

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