NEWSLETTER (21)



Rendez-vous hebdomadaire du samedi, la Newsletter vous propose des liens vers des articles littéraires (ou non) de la semaine, et un récapitulatif de mes lectures en cours,  de mes coups de cœur,  et pourquoi pas, parce qu'il y en a aussi,  de mes coups de gueule! 


 Une tempête dans un verre d'eau...


Un livre fait beaucoup parler de lui en ce moment, non seulement pour sa qualité littéraire (paraît-il) mais aussi pour son contenu. En effet, son auteur raconte sans détour son adolescence visiblement catastrophique et  sa famille, sorte de Thénardiers modernes, vivant au fin fond de la Somme.
Je ne peux pas donner mon avis sur cette œuvre, mis à part le fait que je ne peux la qualifier de roman. Pourquoi? Parce que, au fil des articles que j'ai pu lire sur Pour en finir avec Eddy Bellegueule de Edouard Louis, mon sentiment est que nous ne sommes pas dans la fiction pure et dure, le vrai genre romanesque, mais dans l'autobiographie. Sauf que, au fil des semaines, se profile à l'horizon le spectre de l'autofiction: et si l'auteur s'était finalement inspiré de sa propre expérience, de son vécu pour finalement écrire une autofiction (un croisement entre un récit réel de la vie de l’auteur et un récit fictif explorant une expérience vécue par celui-ci)? Bref, force est de constater que le genre de cet opus n'est pas la question qui turlupine les médias en ce moment. Pourtant, elle serait, à mon humble avis, la plus intéressante....
En fait, ce qui aiguise la curiosité du lecteur et des journalistes est de savoir si vraiment ce qu'a écrit Edouard Louis est vrai. A-t-il vraiment grandi au milieu de ces gens, dans ce village un peu étrange? A-t-il vraiment subi les brimades quotidiennes et les insultes dont il décrit avec beaucoup de détails crus? Encore une fois, je m'interroge et je ne me hasarderai pas à formuler un réel jugement puis que je ne l'ai pas lu. Or, quand on y réfléchit bien, on se rend compte que Pour en finir avec Eddy Bellegueule fait le buzz puisqu' il s'est vendu déjà à plus de 75000 exemplaires. Pourtant, le sujet qu'il traite n'est pas nouveau. En effet, en 2010, l'auteur belge Dimitri Verhulst, avec La merditude des choses (10/18) (adapté aussi au cinéma), racontait son enfance dans une famille bancale. Bon c'est vrai, il n'y avait pas de violence, ni de haine, mais par ce récit, il est aussi la preuve qu'on peut s'en sortir malgré l'origine sociale. En littérature américaine, Vie animale de Justin Torres (2012) (Editions Points Seuil) abordait aussi le mal être d'un adolescent homosexuel dans une famille pétrie de préjugés hasardeux.
source Bibliobs/ Edouard Louis
Alors, comme Edouard Louis ne déroge pas d'un fil à ses premières déclarations, alors comme il dit la vérité car de toute façon on ne voit pas bien quelle forme d'intérêt il y aurait à mentir sauf celui de chercher un suicide médiatique, les médias cherchent d'autres sources, tentent de trouver des réponses, scrutent les séances de dédicaces et les déplacements de l'auteur...En gros, ils sont en quête de la faille, du scoop. Donc, cette semaine, Le Nouvel Observateur, sous la plume de David Caviglioli, lâche une toute petite bombe en écornant le personnage un peu lisse de l'auteur, en donnant la parole à la famille, et aux habitants de son village natal:
 http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20140311.OBS9267/qui-est-vraiment-eddy-bellegueule.html
Les rôles s'inversent: Eddy Bellegueule n'est plus une victime, mais un bourreau potentiel. Du coup, branle bas de combat: comment ose-t-on? C'est en tout cas dans ce sens, que Les Inrockuptibles ont a leur tour publié un papier de  Elisabeth Philippe qui remet en cause la quête sensationnaliste de son confrère:
 http://www.lesinrocks.com/2014/03/12/actualite/enquete-nouvel-obs-qui-veut-la-peau-eddy-bellegueule-11487529/
 Une tempête dans un verre d'eau.

Mouais... en conclusion, on ne s'en sort plus, alors autant le lire et se faire une opinion personnelle.
En attendant, vous pouvez lire l'article de Anne-Marie Boisson sur Encres Vagabondes: http://www.encres-vagabondes.com/magazine2/louis.htm


Dans un registre plus léger, MyBOOX publie cette semaine un article sur le top 5 des stars improbables qui écrivent pour la littérature jeunesse. Et le classement est gratiné! On y trouve pas moins Keith Richards, Zahia (l'ex copine qui n'est pas la copine de Ribéry) ou encore Mimie Mathy:
http://www.myboox.fr/actualite/top-5-ces-stars-qui-ecrivent-des-livres-pour-enfants-ac-29356.html
Ça sent le prête nom à plein nez, et le plan marketing aussi. Passons...





Alors que commence sur Canal + la diffusion de la saison 2 de House Of Cards, et que, déjà, Le Monde se pose la question de savoir si c'est une réussite ou non:
 http://www.lemonde.fr/culture/video/2014/03/13/house-of-cards-que-penser-de-la-saison-2_4382922_3246.html#xtor=RSS-3208 
de mon côté, je reste impressionnée par la complexité du couple Underwood: il est uni, complice, ne juge pas les méfaits de l'autre (car sur ce terrain, ils se ressemblent terriblement), s'écoute, et pourtant, on ne les voit JAMAIS être intimes. Et pendant ce temps là, l'ombre de la maternité voulue, espérée, mais aussi redoutée et rejetée, plane. Qui est vraiment ce couple qui se veut sans âge (l'un et l'autre ne fêtent pas leur anniversaire) dont l'objectif ultime est le pouvoir? Passionnant.




Sinon, côté lectures personnelles, j'ai lu et aimé:
- Le maître des illusions  de Donna Tartt (Pocket)
- Rédemption de Matt Lennox (Albin Michel)
- La trilogie jeunesse  L'Oracle du vent de Xavier Muller (Gulf Stream)

Sur ce blog, les articles les plus lus cette semaine sont:
Solaire, Ian McEwan
et honneur à la littérature jeunesse:
Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi?

Bon week end livresque, et profitez aussi du soleil, la Vitamine D c'est bon pour le moral!



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