La pluie avant qu'elle tombe, Jonathan Coe

Ed. Folio Gallimard, avril 2010, traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin, 272 pages, 7.4 euros

Secret de famille


"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille" chante Maxime Leforestier ...
Eh bien cette phrase résume à mon sens tout le poids de l'histoire racontée par Jonathan Coe.
La tante Rosamond décide, avant de mourir, de choisir vingt photos qui pour elle symbolisent l'histoire de sa famille. En effet, elle veut léguer cette histoire à Imogen, son arrière petite-cousine, qui pour elle, incarne le sacrifice mais aussi l'élément clé d'une famille gâchée.
Le détail le plus futile prend alors toute son importance via le prisme des images: Rosamond parle et explique comment une famille autrefois soudée a sombré dans l'indifférence et la haine. Non dits, préjugés, rancœurs....et, l'amour dans tout ça? Comment peut-on faire porter la responsabilité de son échec à son enfant qui n'a pas demandé à venir au monde? Hélas, ce genre de sentiment provoque un "tsunami" sentimental chez ceux qui en sont les victimes. Béatrix, sa fille Théa, et enfin sa petite fille Imogen incarnent cette génération gâchée par la bêtise des adultes et qui, malheureusement, n'ayant pas eu d'autres repères familiaux pendant leur enfance, reproduisent ce désastreux schéma familial...
J'avais connu Jonathan Coe plus léger, mais ce roman ci, est plus grave et merveilleusement écrit. On se laisse prendre au jeu de la description photographique, de la description de cette famille banale qui au fil des pages ne l'est plus.
Bref, une belle réussite .

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