Juste après la pluie, Thomas Vinau

Ed. Alma, janvier 2014, poésie, 281 pages, 17 euros


Gâteau de miettes...


S'inspirant de la définition de la poésie donnée par Pierre Autin-Grenier: "bricoler dans l'essentiel", Thomas Vinau revendique une poésie du quotidien, "militante du minuscule", "insignifiante", composée essentiellement de "poèmes ordinaires" inscrits dans le présent.
Le quotidien est ce qui saute aux yeux du lecteur. L'auteur inscrit en poème l'attente du médecin, une mèche de cheveux de sa compagne, des lèvres qui tremblent...Le tout et les rien sont matière aux rimes. L'ombre devient aussi importante que la lumière, les difficultés routinières sont mis en mots. Ainsi, le lecteur se sent concerné par ce qu'il lit car certaines situations font écho avec son quotidien, sa vie.
L'auteur est très attentif à ce qu'il voit, ce qu'il entend, et il a cette faculté de faire d'un instant on ne peut plus banal un moment de grâce, en y apportant la forme et le style, comme par exemple le poème intitulé  






Le bas:
"Les choses
qui tombent
les gens
qui partent
la
vie
va
vers
le
bas
il faut
se débrouiller
avec ça."

Un poème a particulièrement attiré mon attention par la justesse de leur sens:

Un petit lambeau
"Il arrive au fil du temps
et des événements
qui nous submergent
que certains de nos actes 
fassent de nous un peu moins
que ce que nous étions
c'est comme arracher soi-même
un petit lambeau de son coeur
Il arrive au fil du temps
qu'on n,ous pardonne
qu'on se pardonne
qu'on vive avec
qu'on vive sans
mais jamais que la chair ne revienne." 

Thomas Vinau n'écrit pas des textes pour donner des leçons ou partager son expérience; il ne fait qu'exprimer une certaine idée de ce que nous vivons quotidiennement et met en évidence que tous, "nous avons faim de quelque chose". A nous de le trouver, de le définir, et pourquoi pas, de l'écrire.
Ainsi, la poésie devient un genre à la portée de n'importe quel lecteur.

A lire et à relire.