Homo erectus, Tonino Benacquista

 Ed. Folio Gallimard, septembre 2013, 320 pages, 7.4 euros

Entre adultes consentants ...


La confrérie informelle décrite en quatrième de couverture n'est que le point de départ de ce roman.
Dans ce lieu secret où des hommes parlent entre eux de leurs rapports aux femmes et à la sexualité, trois hommes se rencontrent: Yves, qui vient de divorcer de Pauline après qu'elle eut fauté, Denis, qui se croit l'incarnation de la vengeance que les femmes portent en elle, et Philippe, philosophe et sociologue, un peu là par hasard.
Par un croisement de courts paragraphes, l'auteur raconte leurs vies "après"....
Ainsi, Yves devient un adepte de l'amour tarifé, "quitte à en perdre sa belle désinvolture"; Denis, se présentant comme celui "qu'elles ont choisi pour assouvir une vengeance séculaire", sombre dans la dépression à force de ne plus plaire, jusqu'au jour où..., et enfin, Philippe vit une belle histoire avec Mia la thèse vivante de tout ce qu'il déteste dans la société, et en "contempteur de son époque", il pense que c'est une bonne expérience anthropologique.
En partant du principe que les femmes peuvent avoir une attitude équivalente à celle des  hommes en amour, Benacquista offre aux lecteurs un roman percutant, dans l'air du temps, innovant dans son approche des rapports humains. L'idée de la confrérie est très bonne si bien qu'on se plaît à imaginer que ce genre de cercle existe réellement, ce qui pourrait éviter ainsi quelques thérapies de groupe.
Au delà de l'aspect factuel, on peut se demander, si comme son personnage de Philippe, Benacquista n'a pas mis en scène "une certaine idée de la décadence" et de la dégradation des rapports hommes-femmes, où là aussi, la consommation l'emporte parfois sur le sentiment.
 Consommer c'est exister diront certains, mais n'est-ce pas un voile pour cacher une blessure plus profonde?
Amis lecteurs, lisez ce roman, vous allez vous régaler!