La maison où je suis mort autrefois, Keigo Higashino

 Ed Actes Sud, collection Babel Noir, traduit du japonais par Yutaka Makino, novembre 2011, 253 pages, 7.7 euros

Flux et reflux de la mémoire


Sayaka, accompagnée de son ex-petit ami entreprend de percer le secret d'une maison dont elle a héritée la clé.
Très vite, on sent que ce mausolée renferme un secret inavouable. D'ailleurs, la découverte du journal intime du petit garçon de la maison, un certain Yosuke, ne fait que renforcer la conviction qu'un drame s'est joué en ce lieu.
 Dans le même temps, le narrateur découvre en Sayaka une femme meurtrie, à la mémoire défaillante, incapable d'honorer son devoir de mère auprès de sa petite fille, et qui, en tentant de résoudre le mystère de la demeure, cherche aussi à reconstituer un pan entier de son enfance oubliée.
 L'unité de lieu du roman renforce le caractère étouffant limite claustro de l'ensemble. petit à petit, chaque objet, chaque détail permet de forger des hypothèses, d'aller à la rencontre des fantômes de cette famille ayant occupé les lieux. Or, au fur et à mesure que le mystère s'épaissit, Sayaka recouvre la mémoire...

Ce roman est un polar "feutré" où la psychologie prime sur l'action et la restitution de scènes choquantes. L'auteur part du principe que le comportement de chacun est directement influencé par son vécu enfantin, d'où l'importance de son personnage féminin, mère indigne tentant de donner une explication à son comportement violent. C'est au lecteur de deviner, de reconstituer le drame, tel un jeu de cluedo.
Très vite, il devine le mobile mais cela ne permet pas d'anticiper sur la fin du récit. L'omniprésence des dialogues entre le narrateur et Yasuka exclut les temps morts et tient en haleine de bout en bout.
Dans ce huis clos étouffant, ce sont tous les enjeux de la mémoire qui sont mis en valeur. Le refoulement, les flashs, les souvenirs précis sont des pièces de puzzles indispensables et constituent ce que nous sommes finalement.
Un bon polar qui se lit d'une traite.

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