Neige, Maxence fermine

Ed. Points Seuil, décembre 2000, 98 pages, 4.7 euros

Parenthèse floconneuse


Très court mais d'une incroyable richesse, les phrases à retenir se bousculent et mettent en avant une grande qualité de style alliée à une belle histoire saisie comme un conte. Yoko ne veut devenir ni guerrier, ni prêtre au grand désarroi de son père. Seule la poésie, celle des haiku, enflamme son cœur, tout comme la neige lui inspire de très beaux vers: "la neige est un poème. Un poème d'une blancheur éclatante". Or, la poésie n'est pas un métier, "c'est un passe temps", "un mystère ineffable" qui ne nourrit pas la bouche d'un homme. Cependant, Yoko est repéré par le poète de la Cour de Meiji. Ce dernier lui conseille de suivre l'enseignement du maître Soseki qui lui apprendra à mettre de la couleur dans ses haiku désespérément "transparents"...
L'histoire est belle, le récit est élégant. Il possède la douceur et la pureté d'un flocon de neige. Aucun "grain de sable" ne vient enrayer cette parenthèse ouatée,hommage à la poésie japonaise. Et pour conclure, ces mots glanés dans le chapitre 52: "il y a deux sortes de gens. Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent. Et il y a ceux qui ne font jamais rien d'autre que se tenir en équilibre sur l'arête de la vie."

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