Stephen King se livre à Télérama

 Télérama n°3329, du 2 au 8 novembre 2013, 2.5 euros

UN TYPE NORMAL



Mi-Novembre, pour la première fois, Stephen King vient en France faire non seulement la promotion de son dernier roman Docteur Sleep, mais aussi expliquer à ses lecteurs, lors d'une séance au Grand Rex, sa conception de la littérature.
En attendant, Nathalie Crom et Cécile Mury, pour Télérama, ont eu la chance de pouvoir interviewer l'auteur chez lui à Bangor dans le Maine (forcément).
Avec une telle couverture, il serait étonnant que le magazine n'explose pas ses ventes de la semaine, car King vend.

Trois pages d'entretien, seize questions, douze chiffres clés pour découvrir ou redécouvrir un auteur prolifique et fascinant. A la lecture des réponses, force est de constater que Stephen King est un type normal avec une vie normale, et qui s'amuse en écrivant.
"Nous ne quittons jamais la cour de récréation! Notre job consiste à jouer pour ceux qui n'ont plus le temps, ou l'envie ou la possibilité de le faire."
Son créneau c'est de faire des gens ordinaires des héros de romans à qui il arrive des événements extraordinaires, car, dit-il: "observer la nature humaine reste le travail de tout écrivain." Ainsi, son inspiration, il la tire de la vie de tous les jours, de l'observation des anonymes dans la rue. L'ajout du surnaturel c'est pour ajouter une touche amusante dans le récit.
Stephen King est un lecteur depuis l'enfance. C'est en lisant de nombreux ouvrages comme la Bête Humaine de Zola, ou Sa Majesté des Mouches de Golding qu'il s'est forgé son destin d'écrivain. Celui qui jure qu'il a eu une enfance tout à fait normale et est devenu un adulte ordinaire, pense néanmoins que l'enfance joue un rôle essentiel et influence encore sa perception de la littérature.

Alors pourquoi une suite à Shining? Simplement parce que souvent on lui demande ce qu'est devenu Dany Torrance et parce qu'il est le seul personnage resté gravé dans son esprit. "Danny a grandi dans une famille dysfonctionnelle, auprès d'un père alcoolique",  alors, imaginer la suite de son histoire était assez simple finalement. Jack Torrance ne se résume pas à l'homme fou incarné par Jack Nicholson dans le film éponyme de Stanley Kubrick (qu'il n'a pas aimé d'ailleurs); Shining est davantage "étude de caractère , sur le cas d'un homme qui sombre." A Danny Torrance de montrer, devenu adulte, qu'on peut surmonter l'hérédité.


Pour conclure, Stephen King écrit aussi sur son pays, l'Amérique, celle de la religion, des armes à feu, de l'argent. En tant qu'homme sa plus grande crainte reste de perdre l'usage de son cerveau à cause de la maladie d'Alzheimer par exemple.


Stephen King est un homme normal, un écrivain hors-norme maintenant reconnu, un nouvelliste aussi (plus de 160 nouvelles répertoriées) et un spécialiste dans l'art de disséquer la nature humaine dans ce qu'elle a de plus sombre.