Lady Hunt, Helène Frappat

Ed. Actes Sud, août 2013, 317 pages, 20 euros

Beaucoup de bruit pour rien.

 

Laura Kern attire le regard dans la rue, non pas pour sa beauté ou sa stature, mais à cause de sa superbe chevelure rousse dont la teinte varie avec la saison. Cette couleur, elle ne l'a pas héritée de son père, John Kern, disparu trop tôt. Elle vient de sa mère, ce qui est plutôt rassurant , car du côté paternel, une malédiction bien plus grave "sévit": la Chorée de Huntington, maladie incurable et inexorable qui a emporté John trop tôt, trop vite:
"Longtemps, j'ai regretté que la démarche titubante de mon père ne soit pas celle d'un ivrogne. Alcoolique, il aurait été comme tout le monde (...) Mais mon père n'était pas comme tout le monde. Et de son destin rare, ses filles ne pouvaient tirer aucune gloire. Un jour ou l'autre un gène nous contraindrait à choisir notre camp."
A ce "jeu truqué", seule Elaine, la sœur de Laura veut jouer. Enceinte, elle désire  faire le test pour savoir si elle est porteuse du gène ou non. Laura, elle, préfère vivre dans l'inconnu. Agent immobilier un peu par hasard à cause de sa pratique de l'anglais, elle fait visiter des demeures somptueuses à des clients exigeants. Depuis peu, un même rêve la harcèle: une maison, toujours la même, noyée dans la brume, l'appelle:
"La maison de mon rêve connaît une adresse. Elle vient s'emparer de moi. Bientôt les frontières auront disparu entre la maison et moi. Il n'y aura plus qu'une seule maison, une seule mer, un seul rêve, un seul monde."
D'autant plus que la jeune femme semble avoir développé un don. En effet, elle est capable de ressentir une maison malade tout comme elle peut la
En lisant Lady Hunt, on a l'impression que l'auteur a voulu mélanger les genres: une pointe de fantastique, un soupçon de gothique, un peu de suspens, le tout salé avec du mélodramatique. Mais la recette ne prend pas car les personnages restent superficiels et ont du mal à porter à bout de bras un récit auquel eux-mêmes ne croient pas.. Laura, censée être l'héroïne, se pose toujours les mêmes questions, vit dans un état semi-léthargique redondant et usant, et se raccroche au recueil de poèmes de Tennyson laissé par son défunt père. Ses errances au Parc Monceau en compagnie de son chat symbolisent la vacuité de son esprit... A force de faux rebondissements et de scènes réitérées, le lecteur perd pied et s'ennuie fermement. Pourtant la couverture est belle, pourtant le sujet, mieux inspiré et moins brouillon, aurait pu être passionnant.
Alambiqué et stérile, les aventures de Laura ne passionnent pas. Tant pis.

guérir semble-t-il. Malédiction? Don? Ou premiers symptômes de la Chorée de Huntington? Si Laura identifie la maison de son rêve, peut-être obtiendra-t-elle une réponse...

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