Un soir au club, Christian Gailly

Ed. de Minuit, septembre 2004, 173 pages, 5.9 euros

Prix du livre Inter 2002

 Crise de la Cinquantaine

 Simon Nardis a refoulé pendant dix ans sa passion pour la musique jazz, son mode de vie nocturne, l'alcool et la drogue. sa femme Suzie l'a sauvé de cette vie faite d'errance au gré des notes de son piano. Mais, un refoulement ne dure qu'un temps. Il suffit d'un dépannage comme technicien dans une ville au bord de la mer, d'une invitation dans un club de jazz, pour que Simon sombre de nouveau...Pour justifier ce qui lui est arrivé, Simon a expliqué à son meilleur ami, narrateur de ce récit: "chez moi, c'est tout ou rien. Je fonctionne en tout ou rien, comme une vieille chaudière: si je ne peux plus avoir tout, je ne veux plus rien." En une soirée, le jazz, les rencontres fortuites, en l'occurrence celle avec Debbie, les verres d'alcool reviennent. Au fur et à mesure, il repousse l'heure de son train du retour, puis renonce à le prendre. Cependant, Simon va-t-il tout plaquer? Christian Gailly monte des faits anodins en épingle pour en faire des petits drames ou des petits bonheurs de la vie. Une baignade matinale, la sensation des touches du piano, le fait d'être loin du domicile conjugale deviennent des moments d'exception que le héros du roman ne veut pas perdre. Régulièrement, les prochains horaires du train reviennent, comme si l'auteur voulait que Simon sorte d'un rêve. Régulièrement la phrase "il faut appeler Suzanne" revient, telle une épée de Damoclès qui risque de tomber s'il continue de braver les interdits qu'il s'est fixé depuis dix ans. Enfin, c'est aussi le roman de l'égoïsme lorsqu'on se sent "assommé de liberté", et qu'on désire renoncer à son "semblant de vie", à "l'âme morte" qu'on traîne derrière soi.

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