Le passage de la nuit, Haruki Murakami

Traduit du japonais par Hélène et Théodore Morita, Ed 10/18, juin 2008, 229 pages, 7.5 euros

Un narrateur noctambule et omniscient 

 

Ce court roman de Murakami est original à plus d'un titre. En effet, les chapitres passent comme les heures de la nuit, d'où la pendule qui avance. le narrateur est omniscient et propose au lecteur de devenir "un point de vue": ce point de vue peut-être général par une vue globale de la vie nocturne, comme il peut-être particulier lorsque le lecteur devient voyeur malgré lui d'une femme en train de dormir.
Jusque là rien de bien intéressant me direz-vous, mais l'intérêt est ailleurs: il réside dans l'étrangeté qui absorbe petit à petit la réalité: une jeune fille dort et ne se réveille pas, la télé s'allume et devient le reflet d'une réalité biaisée... Murakami fait errer le lecteur à travers une ville la nuit et démontre que finalement rien ne dort et ne s'arrête complétement. De plus, il entretient le fantasme que tout est possible la nuit, que le surnaturel trouve sa place y compris dans ce qu'il y a de plus basique (acheter du lait par exemple). Même l'héroïne au bout de son errance nocturne se pose la question "suis-je encore moi-même".
Et finalement, le lecteur reste-t-il encore lui-même après une aussi belle lecture?

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