Nature extrême, Yves-Marie Clément


Ed.Seuil (fiction HC), Juin 2012, 299 p.,13.9 euros

Sur les berges de la Cooper River en Alaska, un certain Teddy Sumerton, chantre de l’écologie et du retour aux sources, a créé un camp de vacances pour jeunes adolescents en mal de sensations « naturelles ». « Harmony Nature » s’apprête a accueillir deux bus bondés de jeunes, sauf que, détail inquiétant, les militaires les empêchent d’y accéder.
Oubliés lors de la pause pique-nique, Noahm, Roxane, Manon, Gabin et Esteban décident de rejoindre le camp à pied pour y attendre les secours. Or, la forêt environnante n’a pas dit son dernier mot :
« [On] avait l’impression que la forêt respirait. [On] entendait son râle sourd, lointain, mais effrayant ».
Dégourdis et surtout très curieux, les protagonistes vont découvrir les conséquences d’une opération Secret Défense, l’opération Carapace, et en subir le fléau sans cesse croissant :
« Il semblerait que le projet soit bien avancé (...) il porte atteinte à tous les principes de la bioéthique. Avec leurs manipulations génétiques les militaires jouent aux apprentis sorciers. Bientôt ils seront dépassés par ce qu’ils ont osé créer ! Avec leurs créatures, ils ont ouvert la boîte de Pandore… »
Les animaux se mettent à entendre des voix et avoir une conscience : « l’homme était devenu son pire ennemi. Une voix le répétait en boucle dans la forêt. Cette voix venait des racines, du chant des oiseaux, du ventre de la Terre », tandis que la végétation avance inexorablement, grandit et devient de plus en plus menaçante. Dès lors, face au danger, les caractères des personnages s’affirment, des liens se nouent, et une volonté commune de comprendre, puis de fuir au plus vite, progresse.
Cette fois-ci, pas d’extraterrestres, ni de zombis ou vampires, simplement un projet ultra secret devant servir à des fins militaires, mais que les scientifiques n’ont pas su gérer. Ainsi, se pose en filigrane la question des recherches en manipulations génétiques et de leur gestion par des chercheurs transformés malgré eux en « apprentis sorciers ».
Certes, les ficelles narratives sont « grosses », mais on se laisse facilement entraîner dans l’histoire qui a au moins le mérite d’être très rythmée, et de masquer ses faiblesses par des dialogues omniprésents. Tout est réuni pour fournir un bon roman jeunesse : un zest de fantastique, une pincée d’écologie, un brin de mystère, le tout saupoudré par de l’action « en veux-tu, en voilà ». Enfin, les personnages en présence sont assez stéréotypés pour en devenir vraisemblables et cohérents, si bien qu’ils raviront les lecteurs « en mal d’aventures ».

A partir de 13 ans

Posts les plus consultés de ce blog

Le Gardien des choses perdues

Une Chance minuscule, Claudia Piñeiro

RUE DES ALBUMS (126) Le bain de Berk, Julien Béziat