L'éléphant s'évapore, Haruki Murakami

Traduit du japonais par Corinne Atlan, Ed 10/18, avril 2009, 417 pages, 8.4 euros


Des nouvelles dont le lecteur est maître de la fin...

 

Contrairement aux autres livres de Murakami, cet opus ne baigne pas dans le fantastique, l'étrange propre à l'auteur. Certes, la dernière nouvelle au titre éponyme du livre peut sembler bizarre, sinon les autres histoires présentent des personnages jeunes à un moment clé de leur vie. Seules quelques digressions paraitront étranges pour celui qui n'a pas l'habitude de lire cet auteur japonais, mais on est bien loin de l'ambiance de Chroniques de l'oiseau à ressort d'où est d'ailleurs extraite la première nouvelle, ou Le passage de la nuit qui se déroule entièrement de nuit.
La particularité de ces nouvelles est qu'elles proposent toutes une fin "ouverte": le lecteur peut choisir la fin au gré de son imagination. Murakami n'impose rien sauf peut-être, à la plus grande joie de ses aficionados comme moi, son style unique à la fois facile à lire et rempli de références culturelles.
Ce qui me frappe surtout dans ce recueil c'est la quasi similarité des personnages: les mêmes noms reviennent, les mêmes professions...mais ce sont surtout des personnes qui sont dans l'attente de quelque chose qui modifiera profondément leur quotidien.
L'éléphant s'évapore est le livre de l'attente et du silence: le lecteur se laisse bercer au fil des nouvelles et attend au fil des pages un événement improbable car c'est lui qui est seul maître à bord de la fin de ce qu'il lit.