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Le chien de Don Quichotte, Pia Petersen

  Ed. La Branche, collection Vendredi 13, mars 2012, 220 pages, 15 euros
 
Quelle galère ce vendredi 13!
 
Que peut-il bien se passer un vendredi 13 dans la vie d'un ex-flic devenu tueur à gages et dont la lecture d'un roman bien particulier le lance dans le projet de devenir un homme de bien?
Hugo est donc cet étrange personnage qui ne se sent jamais "personnellement responsable" même lorsqu'il colle une balle dans la tête de quelqu'un. D'ailleurs, il a un bon fond, puisqu'il adopte le chiot d'une de ses victimes! La rencontre, dans un bar, avec un prêtre misanthrope et alcoolique, lui donne envie de raccrocher. Cet homme de Dieu pour qui "l'Humanité n'est pas recommandable" et dont les confessions des fidèles "l'avaient brouillé définitivement avec le genre humain" prête un roman qui pense-t-il lui permettra de se rendre compte de l'inutilité de l'existence. Du titre, on ne sait rien, même si le lecteur se doute petit à petit de quel classique il peut s'agir...
Hugo, en ce vendredi 13 et samedi 14, accompagné de son collègue Boris, misogyne depuis son divorce et dont les gens croient de lui qu'il "n'a pas d'âme, comme s'il souffrait du froid à l'intérieur, qu'il vivait dans un hiver perpétuel", doit, sur l'ordre de son patron Esteban, mettre la main sur un groupe de hackers qui lui ont piraté son compte en banque. De galère en galère, de péripétie en péripétie, tous les personnages se retrouvent....au café.
C'est très bien écrit, avec un art consommé du style indirect qui rend inutile les dialogues d'ailleurs relégués au second plan. Pia Petersen est maître dans l'art de rendre vivant les pensées intimes de chacun. du constat de Hugo que "être généreux est une vraie galère" et que "ce qui est bien pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres", l'auteur nous une intrigue jubilatoire aux tenants et aboutissants singuliers. Finalement, du début à la fin, on ne s'ennuie jamais avec un petit message personnel à propos de la nature humaine.

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