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La formule préférée du professeur, Yôko Ogawa

Ed Actes Sud (Babel) , janvier 2008, 244 pages, 7.7 euros

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Comment appréhender son quotidien lorsque sa mémoire récente ne dure que quatre vingt minutes? Après un accident de voiture, le professeur vit avec ce handicap. Alors, il attache des pense-bêtes à son costume et se réfugie dans les concours de la revue scientifique de mathématiques, jusqu'à l'arrivée de la nouvelle aide-ménagère et de son petit garçon. A travers des questions banales, le professeur va transmettre à son employée l'amour des nombres parfaits et des énigmes non-résolues. En effet, le vieil homme a l'habitude de proposer des nombres au lieu des mots car "c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour échanger avec les autres". Les nombres premiers deviennent le tremplin d'une belle histoire d'amitié entre ces deux êtres que tout sépare.Même le handicap de la mémoire de quatre vingt minutes ne devient plus l'écueil insurmontable. De plus, grâce à la présence de Root, le petit garçon, le professeur va s'ouvrir et partager son amour pour le base ball japonais. Finalement, la vie n'est elle pas aussi belle que la formule de la loi d'Eiler? On retrouve le style "évanescent" de Yoko Ogawa, assez linéaire, sans pic d'intensité.Il convient à merveille à cette étrange histoire mettant en scène deux adultes que la vie n'a pas épargnée, et un enfant en totale admiration devant l'intelligence du vieil homme. Et parce qu'on a tendance à croire que l'amour des maths rend les gens "évaporés", l'auteur y a ajouté l'amour du base ball, rendant ainsi son personnage plus en accord avec la société. L'histoire avance tranquillement, sans écueil notable, sans ennui jusqu'à la fin. Comme toujours, le récit sert de base à une réflexion plus large sur la mémoire, sujet cher chez Ogawa, et l'importance de cette dernière dans l'appréhension du quotidien. Et vous, comment vous organiseriez-vous si votre mémoire flanchait toutes les quatre vingt minutes?

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