Arizona Tom, Norman Ginzberg


Ed. Héloïse d'Ormesson, août 2013, 220 pages, 17 euros

Divertissant

"A Brewsterville, les distractions sont rares. Un crêpage de chignons entre les deux vieilles prostituées qui occupent les chambrettes au dessus de la taverne, la traversée du village par un troupeau de Longhorn efflanquées et les véhémences du vent d'été suffisent à meubler mes journées et celles de mes compagnons d'infortune.(...) Je suis le shérif de ce bled. Un shérif placide et discret, ni bégueule ni fiérot. Pas un de ces paltoquets qui bombent le torse devant les voleurs de poules, une main sur l'étoile, l'autre sur la crosse de leur colt. Je suis shérif comme d'autres sont putains ou croquemorts, parce qu'il en faut."
Le narrateur est Ocean Miller, bon bougre devenu un peu shérif par hasard dans un trou perdu d'Arizona, et qui tient le coup grâce à sa flasque de bourbon à portée de main.
La routine le rassure et l'use à la fois. Alors, lorsqu'il voit arrivé au loin un enfant traînant un corps d'homme décapité et démembré, il sent aussitôt que cette affaire sent le souffre...
le petit Tom, c'est son nom qu'il a inscrit dans le sable du désert, est sourd et muet. Pas facile donc de comprendre ce qui s'est passé. Alors que les notables de Brewsterville le croient déjà coupables et veulent le pendre à tout prix, Ocean veut comprendre, enquête et prend le petit sous son aile. Or, nous sommes en plein far-west, dans un pays où on dégaine plus vite que son ombre, du coup toutes les vérités ne sont pas bonnes à connaître, dire ou entendre!
Écrit sans prétention, souvent ironique, ce roman se lit facilement du début à la fin. Les péripéties s'enchaînent sans anicroches et les quelques invraisemblances du récit arrivent à se fondre dans la masse. La trame est accrocheuse et réussit à maintenir le lecteur en haleine.
Norman Ginzberg propose un vrai western dans la plus pure tradition du genre. Ainsi, son livre remplit son contrat de lecture-plaisir.
Un roman honnête sans prétention.